Nigeria: Les islamistes de Boko Haram frappent encore
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NigeriaLes islamistes de Boko Haram frappent encore

Une nouvelle vague d'attentats meurtriers ont fait une vingtaine de morts, notamment dans le nord et le centre du pays. Dimanche, une voiture piégée a explosé dans une église chrétienne.

Les membres de la secte islamiste Boko Haram ont prévenu que les récents attentats n'étaient qu'un début

Les membres de la secte islamiste Boko Haram ont prévenu que les récents attentats n'étaient qu'un début

Le Nigeria a connu un nouvelle série d'attentats meurtriers revendiqué par la secte islamiste Boko Haram. Les attaques, qui ont fait plus de vingt morts ces trois derniers jours, ont notamment visé, dans le Nord, un poste de police et une mosquée, ainsi qu'une une église dimanche dans le centre du pays.

Un kamikaze a pénétré dimanche avec une voiture piégée dans une église chrétienne de Jos, dans le centre du Nigeria. L'attaque a tué trois personnes, dont un enfant, et en a blessé 38 en plein office, selon le porte-parole des services de secours, Yushau Shuaib. Selon lui, l'attaque «semble être un attentat suicide».

Des fidèles ont raconté que la voiture avait forcé la porte de l'église lors de l'office du matin. «Nous étions dans l'église pour l'office quand un kamikaze en voiture a forcé le passage à travers la porte, puis dans l'église et a fait exploser la bombe», a indiqué le révérend John Haruna, de l'Eglise du Christ du Nigeria (COCIN).

Le mouvement islamiste Boko Haram a revendiqué cet attentat. «Nous avons attaqué simplement parce que c'est une église, et nous pouvons décider d'attaquer n'importe quelle église. Nous ne faisons que commencer», a dit un «porte-parole» du groupe, Abul Qaqa, lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes à Maiduguri (nord-est).

«Nous avons mené cette attaque à Jos qui entre dans le cadre de notre détermination à venger les assassinats de musulmans ces dix dernières années», a averti le «porte-parole» de Boko Haram.

Représailles de chrétiens

Quelques heures après l'attaque de Jos, de jeunes chrétiens ont manifesté violemment leur colère, et trois autres personnes ont été tuées. Un journaliste a vu trois cadavres dans une rue proche de l'église attaquée dans la matinée et dans un quartier où des magasins tenus par des musulmans ont été incendiés.

Le pays, le plus peuplé d'Afrique, est secoué quasi quotidiennement par des attaques, attribuées pour la plupart au groupe islamiste Boko Haram.

D'autres violences se sont produites vendredi soir dans le pays. L'attaque d'un poste de police de Gombe, dans le nord-est du Nigeria, a fait au moins quatorze morts.

Selon des habitants, le poste de police a été entièrement brûlé dans l'attaque imputée au groupe extrémiste Boko Haram, qui visait également la prison de la ville située à proximité. Les assiégeants n'ont cependant pas réussi à envahir la centrale.

Restaurer le califat

Par ailleurs, des hommes eux-aussi suspectés d'appartenir à Boko Haram ont abattu vendredi cinq fidèles en tirant des coups de feu contre une mosquée de Kano, la grande métropole du nord, ont indiqué la police et des témoins. Le chef d'une milice locale financée par le gouvernement figure parmi les tués.

Ces violences n'ont pas été immédiatement revendiquées. Mais des membres de Boko Haram ont lancé des attaques similaires au cours des derniers mois dans le nord et le centre du Nigeria, accroissant l'instabilité dans le pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole d'Afrique.

Les islamistes veulent restaurer le califat islamique et imposer la charia au Nigeria, et à ses 160 millions d'habitants. Le nord déshérité est majoritairement musulman, et le sud, où se trouve le pétrole, est à dominante chrétienne.

Des églises chrétiennes ont été visées à plusieurs reprises. Un attentat revendiqué par Boko Haram avait fait 44 morts le jour de Noël dans une église catholique du centre du Nigeria près de la capitale Abuja.

(ats)

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