Actualisé 14.10.2012 à 06:54

Mali

Les islamistes menacent de tuer des otages

Le groupe malien islamiste Mujwa affirme être prêt à abattre des otages français. Le président français manifeste sa détermination, mais appelle à la libération.

Le président français François Hollande a appelé samedi à Kinshasa les ravisseurs des six otages français détenus au Sahel à les libérer «avant qu'il ne soit trop tard».

«En disant ce que je dis sur l'intégrité du Mali, (...) c'est aussi un message que j'adresse aux ravisseurs: libérez-les avant qu'il ne soit trop tard», a-t-il lancé dans un discours à l'ambassade de France, s'exprimant devant les expatriés français.

«Portes de l'enfer»

Les islamistes maliens du groupe Mujwa ont menacé samedi d'«ouvrir les portes de l'enfer» à des otages français si Paris poursuit ses appels à une intervention internationale dans le nord du Mali. Ces menaces interviennent alors que le président français entame sa première tournée en Afrique.

«S'il (Hollande) continue de jeter de l'huile sur le feu, nous lui enverrons dans les jours à venir les photos des otages français, morts», a déclaré Oumar Ould Hamaha, porte-parole du groupe Mujwa (Mouvement pour l'unité et le jihad en Afrique de l'Ouest), faisant apparemment référence à quatre Français enlevés en 2010 dans le nord du Niger et toujours otages.

Première tournée de Hollande

Vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution appelant les organisations régionales africaines et les Nations unies à présenter dans les 45 jours un plan d'intervention visant à reconquérir le nord du Mali. Cette région est sous contrôle des islamistes et des insurgés touareg depuis le printemps.

La France avait présenté fin septembre, dans la foulée de l'intervention de François Hollande à l'ONU, un projet de résolution visant à inciter les autorités maliennes, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et l'Union africaine à soumettre dans les trente jours un projet d'opération précis permettant l'envoi d'une force africaine dans le nord du pays.

Ces menaces coïncident avec la première tournée de François Hollande en Afrique. Le président français était samedi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, pour le 14e sommet de la Francophonie, après une visite la veille à Dakar, au Sénégal.

Rançons

Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), mouvement auquel est lié le groupe Mujwa, a menacé à plusieurs reprises de tuer les otages français si Paris tente de monter une intervention militaire au Mali. Sept employés de la société française Areva avaient été enlevés en 2010 au Niger. Trois d'entre eux ont été libérés depuis lors.

Oumar Ould Hamaha a précisé que les islamistes opérant dans le Sahara étaient largement financés par les rançons versées, selon lui, par la France et d'autres pays occidentaux.

«Le premier financier des djihadistes, c'est la France», a-t-il affirmé, ajoutant que son groupe pouvait essayer d'enlever François Hollande en personne. «Je me demande ce que dirait la communauté internationale si nous prenions le président français en otage», a-t- il lancé.

(ats)

Un Hollande déterminé

François Hollande a estimé samedi que c'est la «grande détermination» de la France sur la lutte contre le terrorisme qui permettra de faire libérer les otages détenus au Sahel au plus tôt, refusant de se taire sur la question du nord Mali.

«Est-ce que ce que nous disons pour l'intégrité du Mali, pour la lutte contre le terrorisme, devrait être tu parce qu'il y a ces menaces? Je pense que c'est le contraire», a déclaré le chef de l'Etat, lors d'une conférence de presse à Kinshasa. «C'est en montrant une grande détermination pour tenir notre ligne, qui est celle de la lutte contre terrorisme, que nous pourrons convaincre les ravisseurs qu'il est temps maintenant de libérer nos otages», a-t-il affirmé.

Le chef de l'Etat était interrogé sur le fait de savoir si l'éventualité d'une intervention au nord Mali, fortement soutenue par la France, pouvait mettre en danger la vie des six otages français détenus actuellement au Sahel.

«Nous avons toujours dit que nous faisions tout pour permettre la libération de nos otages, que nous utilisons les contacts qui sont possibles pour parvenir à convaincre les ravisseurs qu'ils doivent les libérer au plus tôt», a-t-il affirmé.

Lundi, François Hollande reçoit les familles de deux otages enlevés au Mali en novembre 2011. Le lendemain, il s'entretiendra avec les proches des deux otages français qui ont été tués au Niger en janvier 2011.

Trierweiler bienvenue

Le président français François Hollande a jugé samedi qu'il était «bien» que sa compagne Valérie Trierweiler puisse «être utile quand c'est possible» lorsqu'elle l'accompagne dans des déplacements à l'étranger, comme elle l'a fait dans sa mini-tournée africaine à Dakar et Kinshasa.

«Je pense que c'est bien que lorsqu'elle m'accompagne dans un déplacement, elle puisse elle aussi écouter, comprendre, et être utile quand c'est possible», a déclaré M. Hollande lors d'une conférence de presse à Kinshasa, comme on lui demandait si la première dame était un atout pour sa diplomatie.

Dans la capitale congolaise, Valérie Trierweiler a rencontré samedi matin les responsables d'une association d'enfants des rues et visité dans l'après-midi un hôpital pour enfants auquel elle a remis plusieurs dizaines de moustiquaires afin de l'aider à lutter contre le paludisme.

Elle était également aux côtés du président au premier jour de sa mini-tournée inaugurale en Afrique pour visiter vendredi, au large de Dakar, la Maison des esclaves, qui commémore les victimes de l'esclavage.

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