Les partis soucieux du climat cartonnent chez les jeunes

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GenèveLes jeunes attirés par les partis soucieux du climat

 Les Vert’libéraux et les Verts sont les deux formations qui ont attiré le plus de jeunes depuis 2021.

par
Jérôme Faas
La fibre écologique des partis attire les jeunes, qu’ils penchent à gauche ou à droite.

La fibre écologique des partis attire les jeunes, qu’ils penchent à gauche ou à droite.

Getty Images/imageBROKER RF

Manifestement, les préoccupations climatiques ont guidé la plupart des jeunes qui se sont encartés depuis 2021. Qu’ils soient de gauche, mais aussi de droite: les Verts et les Vert’libéraux sont les deux partis genevois qui affichent la plus forte progression récente de moins de 30 ans (respectivement 35 ans): +44 pour les premiers, +100 pour les seconds.

Le politologue Pascal Sciarini valide: l’attrait pour ces partis s’explique par «la volonté de trouver une solution à la crise climatique». Il relève qu’aux élections fédérales 2019 «ils avaient réalisé un score élevé chez les jeunes». Et il note que, nouveaux venus à Genève, les Vert’lib’ «profitent d’une image de parti non traditionnel».

«J’ai l’impression qu’on est perçus comme un parti neuf, et nous sommes devenus visibles avec des positions sociétales fortes», comme l’initiative sur le congé parental, juge sa présidente Marie-Claude Sawerschel. Elle dit surtout accueillir des gens qui entrent en politique et perçoivent l’économie comme une alliée, et observe que les jeunes adhérents sont «majoritairement des universitaires très bien formés.»

Présidente des Verts, Delphine Klopfenstein Broggini estime que climat et thèmes sociétaux parlent aux jeunes et les concernent. Elle pense aussi qu’avoir plusieurs élus peu âgés en attire d’autres. «Il faut que les jeunes parlent aux jeunes.» Quant au succès des Vert’lib’, elle le juge facilité par le fait de n’avoir encore aucune charge exécutive. «Quand on est élu, les idées sont confrontées au réel, on prend sans cesse des risques.»

Des partis transparents, d’autres secrets

Les chiffres livrés par les partis empêchent une comparaison rigoureuse. Seuls le PS, les Verts, le PDC et les Vert’libéraux ont été exhaustifs et précis. Un bémol: les Vert’libéraux disposaient de statistiques sur les moins de 35 ans, les trois autres partis ayant pu, eux, isoler les moins de 30 ans. Par ailleurs, le MCG ne disposait d’éléments qu’à partir du 15 juin: impossible de saisir une tendance. L’UDC a répondu en pourcentages, sans chiffres absolus. Le PLR a refusé de communiquer ses données. Et Ensemble à Gauche n’a pas donné suite.

Le grand décollage des Vert’libéraux

Tous les partis ayant répondu ont gagné des membres depuis janvier 2021, hormis l’UDC, stable (le MCG, lui, annonce 17 membres en plus depuis mi-juin). Les Vert’libéraux sont en plein décollage, avec «une centaine» d’adhésions pour un total d’«environ» 500 membres. Suit un trio PS (+62, 977 membres), PDC/le Centre (+62, 1570), Verts (+60, 1166). Avec des différences: beaucoup de moins de 30 ans chez les Verts (44), moins au Centre (20), peu au PS (7) – mais qui fait état d’une hausse de 32 unités de la Jeunesse socialiste, distincte.

Les particularités du Centre et du PS

Le Centre, fort d’un solide socle de membres (1570), compte peu de moins de 30 ans dans ses rangs (5,92%), même si vingt l’ont rejoint depuis 2021. Le PS, lui, voit surtout cette catégorie d’âge adhérer à la Jeunesse socialiste. «Chez les Verts, ils s’engagent par rapport à l’urgence climatique. Chez nous, ils sont très engagés contre l’économie de marché», dit Thomas Wenger, président. Le MCG admet n’accueillir que très peu de jeunes, et l’UDC avance une hausse de 14% des moins de 30 ans en un an et demi. Mais d’où partait-il? Mystère.

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