«Les jeunes créateurs manquent de motivation»
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«Les jeunes créateurs manquent de motivation»

Danse et théâtre: la qualité des premières créations romandes inquiète certains professionnels.

«La relève tarde à venir!» a lancé hier devant la presse la directrice du Théâtre de l'Arsenic. Pour cette saison, Sandrine Kuster a reçu peu de propositions de premières créations locales. Une dizaine seulement sur plus de mille dossiers. Seul le spectacle d'un groupe d'étudiants de l'école de théâtre La Manufacture figure au programme (lire ci-dessous).

Pour elle, «si relève il y a, elle est timide et manque d'épaisseur». Les sujets sont mêmes trop «scolaires», ajoute Florence Chappuis, programmatrice du Théâtre de l'Usine à Genève. Elle nuance toutefois le constat: «Il y a des masses de projets.» Un phénomène aussi observé au Service culturel de la ville de Lausanne.

La relève est à la traîne, persiste Sandrine Kuster, qui en cherche la cause. La présence des talents suisses confirmés les découragerait. S'exprimer par le théâtre n'est peut-être plus dans l'air du temps. Il y a aussi «une dépendance à la subvention qui peut être dangereuse. Les artistes osent-ils produire sans?»

«Encore faut-il avoir la force de se battre et les moyens financiers. Tout est difficile au plan administratif», répond Joëlle Richard, formée en Angleterre. Jeune metteuse en scène de 27 ans, la Lausannoise a tout de même réussi à présenter sa pièce.

Au Théâtre de Vidy, on dresse un tableau moins noir de la situation. «Il y a des bonnes et des mauvaises années», commente René Zahnd, directeur adjoint. «Le théâtre n'est pas mort!»

(Sophie Roselli)

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