Nationalité: Les jeunes étrangers nés en Suisse ne seront pas suisses
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NationalitéLes jeunes étrangers nés en Suisse ne seront pas suisses

Le National n’est pas prêt à passer au droit du sol pour l’obtention du passeport. Il a refusé une initiative parlementaire en ce sens de la Genevoise Stefania Prezioso Batou.

par
Christine Talos
Ce n’est pas parce qu’on est né en Suisse et qu’on y a fait toute sa scolarité, que l’on peut obtenir un passeport à croix blanche automatiquement, a décidé le National. 

Ce n’est pas parce qu’on est né en Suisse et qu’on y a fait toute sa scolarité, que l’on peut obtenir un passeport à croix blanche automatiquement, a décidé le National. 

20min/Marvin Ancian

Les jeunes étrangers nés en Suisse n’auront pas droit au passeport suisse à leur majorité. Le National a rejeté mercredi, par 112 voix contre 75, une initiative de Stefania Prezioso Batou (EàG/GE) en ce sens.

La Genevoise proposait d’introduire le principe du droit du sol. Elle souhaitait qu’un enfant né en Suisse de parents étrangers, scolarisé et socialisé dans notre pays, puisse, dès ses 18 ans, devenir Suisse. Elle voulait ainsi abolir le droit du sang, «un principe médiéval et rétrograde», qui ne correspond pas à la richesse de la population en Suisse, selon elle. Pour rappel, les étrangers entre 0 et 19 ans représentaient en 2019 plus de 20% de la population étrangère. 

Sa proposition a reçu l’aval unanime de la gauche. «Un enfant qui naît en Suisse, parle la langue avec l’accent de sa région, y suit le parcours scolaire et y tisse un réseau social, devrait pouvoir bénéficier à sa majorité de la nationalité du pays qui l’a vu grandir; c’est simplement du bon sens», ainsi estimé Delphine Klopfenstein Broggini (Verts/GE). 

Pas forcément intégré

Mais la droite et le Centre s’y sont opposés. «Nous devons nous en tenir à notre tradition du droit du sang», a lancé Jean-Luc Addor (UDC/VS). «Il ne saurait y avoir un droit à la naturalisation indépendamment de l’intégration de l’étranger concerné et des efforts que celui-ci a pu faire pour y parvenir». Et d’ajouter: «L’expérience le montre: le simple fait d’être né en Suisse et d’y avoir grandi ne suffit pas toujours à garantir l’intégration». D’autre part, la naturalisation automatique priverait les cantons et les communes du rôle essentiel qu’ils jouent dans le processus de naturalisation, a-t-il encore expliqué. 

Interrogé par Stefania Prezioso Batou sur la différence entre un Suisse et un étranger né et scolarisé en Suisse, le Valaisan a répondu: «La différence, c’est que les Suisses sont nés Suisses!», ce qui a suscité les rires de la salle. «La vie est faite de différences entre hommes, entre femmes, entre Suisses, entre étrangers, c’est comme ça!» a-t-il alors rétorqué. «En fait, c’est seulement quand on examine si la personne candidate à la naturalisation est intégrée qu’on va voir la différence», a-t-il conclu dans le brouhaha. 

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