Vaccination Covid-19 - Les jeunes femmes craignent de devenir stériles: à tort

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Vaccination Covid-19Les jeunes femmes craignent de devenir stériles: à tort

La Suisse atteint des records de vaccination. Mais bien des jeunes femmes hésitent à se faire vacciner à cause d’informations pseudo-scientifiques sur le risque de stérilité avec les vaccins à ARN.

par
ewe
Les effets secondaires du vaccin Moderna sont plus forts chez les jeunes et les femmes. Mais la stérilité n’en fait pas partie.

Les effets secondaires du vaccin Moderna sont plus forts chez les jeunes et les femmes. Mais la stérilité n’en fait pas partie.

AFP

C’est la «SonntagsZeitung» du jour qui le constate : la Suisse est actuellement en très bonne position en matière de vaccination sur le plan mondial, après avoir enfin reçu des livraisons massives du vaccin anti-Covid-19. Le journal alémanique se base sur les dernières statistiques de l’Office fédéral de la santé publique pour l’affirmer. Ainsi, la semaine passée, 80’000 doses ont été administrées quotidiennement: un taux que nos voisins comme l’Allemagne, l’Italie, la France ou l’Angleterre n’égalent pas, selon le journal dominical. Seuls Israël et les États-Unis, les champions du monde en la matière, ont administré plus de doses par jour et par habitant en février et avril que la Suisse cette semaine. Au total, environ 3 millions de personnes en Suisse ont reçu au moins une dose.

Le mythe de l’ARN qui rend stérile

Mais les jeunes femmes en âge de procréer craignent pour leur fertilité si elles se font vacciner, ce qui pourrait ralentir la progression de la vaccination. Une des causes principales de leur crainte: un mythe qui circule ces temps sur les réseaux sociaux, prétendant que les vaccins à ARN peuvent rendre infertile. L’idée sort d’un traité pseudo-scientifique, rédigé entre autres par un ancien responsable de Pfizer. Il avance la thèse que les anticorps produits par la vaccination seraient également dirigés contre le placenta lors d’une grossesse ultérieure ce qui pourrait conduire à l’infertilité. Or, ce n’est manifestement pas le cas: aux Etats-Unis, par exemple, dans le cadre d’une seule étude entre mars 2020 et mars 2021, près de 14’000 bébés ont été enregistrés dont les mères avaient déjà eu le Covid-19.

Néanmoins, explique Masha Maria Foursova, de l’OFSP: «c’est une préoccupation courante chez les jeunes femmes». Les autorités sanitaires de plusieurs cantons, dont les Grisons, constatent aussi cette hésitation des jeunes femmes à se faire vacciner. Et la théorie de l’infertilité circule déjà dans nos écoles secondaires: de nombreuses adolescentes expliquent ainsi qu’elles ne se feront pas vacciner car elles souhaitent devenir mère un jour, selon les enseignants. Pour apaiser les craintes des futures mères, L’OFSP prévoit une nouvelle campagne de vaccination et d’information, notamment pour les jeunes femmes.

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