Zurich: Les jeunes ne sont pas moins fit qu'il y a 25 ans
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ZurichLes jeunes ne sont pas moins fit qu'il y a 25 ans

Un test réalisé auprès de 600 enfants le montre: les capacités motrices de notre jeunesse ne se sont pas dégradées au fil des ans.

par
ofu
Keystone

C'est un reproche que l'on entend souvent: la «génération natel» n'est pas sportive et a des problèmes de coordination. Il n'est en effet pas rare d'entendre des enseignants se plaindre que leurs élèves n'arrivent même plus à faire des roulades, écrit ce jeudi le «Tages-Anzeiger».

Toutes ces affirmations ont poussé Tanja Kakebeeke, de l'Hôpital pédiatrique de Zurich, à découvrir ce qu'il en était réellement avec notre jeunesse. Experte en neurophysiologie, elle a réalisé un test auprès de 600 élèves zurichois, âgés de 3 à 18 ans, dans le cadre d'une étude du Fonds national. Son but: tester leurs capacités motrices.

«La motricité fine s'est même tendanciellement améliorée»

Le test sur lequel elle et son équipe se sont basées repose sur une évaluation créée il y a 25 ans par Remo Largo, un des pédiatres les plus connus de Suisse. Si les résultats définitifs ne sont pas encore connus, Tanja Kakebeeke peut déjà affirmer: «Ce n'est pas si grave que ce que les gens ont tendance à croire. La motricité globale ne s'est pas dégradée au fil des ans et la motricité fine s'est même tendanciellement améliorée.»

Mais alors pourquoi certains profs continuent-ils à affirmer que les enfants ne savent plus faire de roulades? Ont-ils tort? «Non», assure Tanja Kakebeeke. «Il est bien possible que de nombreux jeunes ne sachent plus faire de culbutes. Si personne ne leur montre comment faire, alors ils ne peuvent pas l'apprendre.» La chercheuse ajoute par ailleurs qu'il est indéniable que de nos jours, les petits s'amusent moins à l'extérieur et que c'est sans doute à cause de cela qu'ils ont l'air moins sportif.

«Ce qu'ils sont capables de faire»

Elle tient cependant à préciser que ce ne sont pas ces aspects-là qui ont été testés. «Nous ne voulions pas tester les capacités acquises par les jeunes, mais plutôt découvrir à quel point leurs voies nerveuses sont développées et dans quelle mesure ils sont capables de contrôler leurs membres.» Et de conclure: «Nous n'avons pas testé ce que les jeunes savent faire, mais ce qu'ils sont capables de faire.»

Quelques informations sur le test

Les jeunes ayant participé au test ont notamment dû claquer des doigts. «Il s'agit ici d'une chose que l'on ne peut pas apprendre. Pour réaliser ce mouvement, les personnes nécessitent une voie nerveuse spécifique. Plus les enfants sont parvenus à claquer rapidement des doigts, plus cette voie nerveuse était développée chez eux», explique Kakebeeke. Les autres exercices consistaient notamment à mettre un bâton dans une planche à trous, à enfiler cinq perles sur un fil, à se lever et à se rasseoir dix fois ou à tenir en équilibre sur une jambe.

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