Votations du 13 juin - Les jeunes ont rejeté la loi CO₂, mais pas tous pour les mêmes raisons
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Votations du 13 juinLes jeunes ont rejeté la loi CO₂, mais pas tous pour les mêmes raisons

Un sondage montre que c’est chez les 18-34 ans que le «non» a été le plus fort. Globalement, peu de monde a été très convaincu par la loi et la volonté de compromis n’a pas suffi.

par
Yannick Weber
Certains ont voté non pas refus des taxes, d’autres parce que la loi était au contraire trop molle.

Certains ont voté non pas refus des taxes, d’autres parce que la loi était au contraire trop molle.

20min/Simon Glauser

Plus l’âge des votants diminue, plus le rejet augmente. C’est l’un des résultats du sondage post-votations réalisé par Tamedia/20 minutes. Parmi les 18 à 34 ans, 58% des votants ont dit non, plus que la moyenne nationale. À l’inverse, les 65 ans et plus ont été les seuls à accepter la loi (à 54%).

Parmi les arguments avancés par les personnes qui ont répondu au sondage, les deux principaux ont été ceux de la droite lors de la campagne: 40% de ceux qui ont voté non l’ont fait car «les taxes et les impôts ne sont pas la bonne méthode» et 31% estiment que la loi était inutile car l’impact de la Suisse sur le réchauffement climatique au niveau mondial est «marginal».

La loi n’allait «pas assez loin»?

Une partie des jeunes ont aussi rejeté la loi car elle n’allait, à leur goût, pas assez loin. C’était le cas notamment de partis de gauche radicale et de mouvements écologistes. Mais l’argument «la loi ne va pas assez loin» n’a été mis en avant que par 2% des personnes qui ont voté non.

Au niveau des partis, les résultats tendent à montrer que même ceux qui ont voté oui n’ont pas été très enthousiastes avec cette loi. Par exemple, les Vert-e-s ont certes voté oui à 89%, et seuls 11% ont voté non, mais près de la moitié d’entre eux ont également estimé dans le sondage que la loi «n’allait pas assez loin» mais était le compromis «le plus rapide» pour aller dans le sens d’une diminution des émissions de gaz à effets de serre. Seuls les électeurs des Vert’libéraux ont principalement voté oui en avançant l’argument que la loi était bonne car elle récompensait les comportements respectueux du climat.

La base du PLR n’a pas suivi

À noter également que le PLR, qui a officiellement fait campagne pour la loi, n’a pas été suivi par ses électeurs. Le sondage montre que 63% des personnes qui s’identifient comme électeurs du PLR ont rejeté le texte, contre seulement 37% de oui. Mais c’est surtout la mobilisation des électeurs de l’UDC qui a fait pencher la balance: 90% ont dit non, 10% ont dit oui. Par ailleurs, le taux de participation a été sensiblement plus élevé dans les communes où le taux de rejet était également le plus élevé.

Enfin, les différences entre villes et campagnes sont visibles, sans être massives pour autant. Environ 40% des personnes qui vivent en campagne ont tout de même voté oui, tout comme 40% des personnes vivant en ville ont dit non.

Le Certificat Covid n’a joué aucun rôle

La loi Covid, elle, a été plébiscitée, sauf à l’UDC. Les électeurs du parti de droite n’ont été que 26% à l’accepter. À l’inverse, les champions du oui sont les Vert’libéraux (81% de oui, 19% de non). Là aussi, les jeunes se sont montrés les moins favorables à la loi: les 18 à 34 ans l’ont à peine acceptée, à 51% contre 49%.

Sans surprise, le principal argument avancé par les électeurs (chez 82% de ceux qui ont voté oui) était celui des aides économiques aux entreprises et particuliers. Chez les opposants, c’est l’argument de la discrimination contre les personnes non vaccinées qui a fait mouche (30%), ainsi que celui de la concentration de pouvoir dans les mains du Conseil fédéral (27%). Enfin, 23% des refus ont été motivés par une volonté de mettre un terme aux mesures sanitaires.

Mobilisation agrarienne

Pour l’initiative contre les pesticides, le fossé entre villes et campagnes est peut-être moins massif qu’attendu là aussi. Dans les villes, l’initiative a été acceptée, mais à seulement 51% contre 49% de non. La forte mobilisation des zones rurales a fait pencher la balance, même si 32% des habitants des régions rurales ont tout de même accepté l’initiative. Même schéma ici avec les âges: les jeunes ont été les moins enthousiastes. Par contre, le niveau de revenu n’a joué qu’un rôle marginal.

Les chiffres sur le sondage

L’enquête a été menée auprès de 16’249 participants (11’637 Alémaniques, 4’266 Romands, 346 Tessinois), qui ont répondu aux questions, en ligne, entre le 11 et le 13 juin. La marge d’erreur est de +/- 1,3%.

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