Actualisé 02.03.2016 à 14:38

SuisseLes jeunes se soucient peu des déchets urbains

Selon une étude, seuls 20% des moins de 26 ans se disent dérangés par les détritus abandonnés au sol. Un chiffre en baisse depuis 2011.

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gbr/dmz
Des détritus jonchant un parc bâlois.

Des détritus jonchant un parc bâlois.

photo: Keystone/Georgios Kefalas

La Suisse est le pays de la propreté. Ce cliché qui nous colle à la peau depuis des décennies a du plomb dans l'aile, si l'on en croit les résultats du sondage sur la sécurité de la Conférence des commandants des polices cantonales, publiés en début de semaine.

Souvent associés à l'insécurité et à l'insalubrité, les déchets qui jonchent les rues, les parcs ou les arrêts de bus font travailler nos élus. Les Chambres fédérales planchent sur un projet d'amendes jusqu'à 300 francs si un pollueur est pris en flagrant délit. Certains cantons ont déjà pris les devants. Vaud, par exemple, donne le droit au personnel communal assermenté de mettre des prunes.

Soigner par la répression semble être une bonne solution. D'autant plus que les résultats de l'enquête mettent en lumière un fait inquiétant: les jeunes se fichent pas mal des déchets jetés dans les rues. Seuls 20% des moins de 26 ans ont estimé que le phénomène était inquiétant. En 2011, ils étaient encore 38,7%. De manière générale, la préoccupation populaire s'est estompée. Il y a cinq ans, 51,8% de tous les sondés jugeaient la saleté des rues dérangeante. Plus que d'y voir traîner des dealers ou des toxicomanes (38,8%). En 2015, la proportion a diminué à 41,7%.

«On s'est peut-être habitués»

Le criminologue Martin Killias, directeur de l'étude, ne peut que spéculer sur les raisons de cette baisse: «Peut-être s'est-on habitué au littering.» Les gens mangent souvent sur le pouce et sont habitués à voir des emballages et des canettes vides un peu partout, analyse-t-il.

Quid des campagnes de prévention? Martin Killias rappelle que, comme pour tous les types de prévention, il est difficile de juger des effets concrets. Il propose d'ailleurs qu'on étudie plus à fond leur écho dans la population: «On doit se demander si leur coût, très élevé, n'est pas trop cher par rapport à leur efficacité.»

Désintérêt pas flagrant

Du côté de l'Office fédéral de l'environnement, on se dit «surpris» de ces résultats. Marco Buletti, chef de la section gestion des déchets, relève que son service reçoit de nombreuses demandes au sujet du «littering» et estime que la population s'en émeut réellement. Et selon lui, le mélange prévention, répression et implication des producteurs de détritus (comme la restauration rapide) reste la meilleure façon de lutter contre cette pollution.

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