Grand sondage en Suisse – «Les jeunes vont bien» mais guerre et Covid vont plomber leur moral
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Grand sondage en Suisse«Les jeunes vont bien» mais guerre et Covid vont plomber leur moral

Un très vaste sondage mené auprès des Suisses de 19 ans montre qu’ils se sentent presque aussi bien qu’il y a dix ans, mais des inquiétudes émergent à cause des bouleversements mondiaux.

par
Yannick Weber
Avant la guerre, avant le Covid, des signaux d’alarme étaient déjà visibles.

Avant la guerre, avant le Covid, des signaux d’alarme étaient déjà visibles.

20min/Michael Scherrer

Un tableau «très réjouissant»: telle est l’évaluation après la vaste enquête de plus de dix ans menée auprès de 100’000 jeunes de 19 ans en Suisse. «Leur état d’esprit est resté stable», disent les auteurs de la «Young Adult Survey Switzerland». Par contre, des résultats montrent une tendance négative et, pire, ceux-ci datent de 2018/2019, avant le Covid, dont on sait qu’il a déjà porté un sacré coup à la santé mentale des jeunes.

Alcool et pensées suicidaires

La part de jeunes disant avoir eu des pensées suicidaires est passée, entre 2010 et 2019, de 11% à 20%, celle de ceux admettant avoir eu une consommation excessive d’alcool de 10% à 17%. «Une autre tendance inquiétante au regard d’un style de vie sain est l’augmentation de la part des jeunes qui n’ont aucune activité sportive», note l’étude. Par contre, côté bonnes nouvelles, le tabagisme recule. Stefan Huber, l’un des responsables de l’étude, a déjà dit se réjouir de la prochaine salve de ce sondage (lire l’encadré) pour mesurer les effets des bouleversements mondiaux, mais aussi éprouver de l’inquiétude: à peine la pandémie est-elle peut-être finie que la guerre a pris le relais.

Recrutés à l’armée ou à la maison

Plus généreux et tolérants

Les résultats doivent interpeller mais sans dramatiser. Car pour le reste, les constats sont bons. «Trois quarts des jeunes adultes semblent actuellement satisfaits dans la vie», lit-on. Des différences sont visibles, comme le fait que les jeunes qui n’ont pas de formation après l’école obligatoire se sentent moins bien. «La formation rend heureux», conclut Stefan Huber.

Sur les valeurs, ceux qui admettent des idées xénophobes ou homophones sont de moins en moins nombreux. Les valeurs idéalistes (aider les personnes défavorisées) gagnent en importance tandis que le matérialisme (avoir un niveau de vie élevé) en perd. Quant à l’intérêt porté à la politique, il reste spectaculairement stable. La fréquence de la lecture baisse par contre «dans toutes les régions du pays».

Opinions politiques quasi génétiques

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