Jeux vidéo: Les jeux de voitures à un tournant stratégique
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Jeux vidéoLes jeux de voitures à un tournant stratégique

Atteignant des rendus graphiques impressionnants, le genre se prépare à faire place à l'e-sport et à la réalité virtuelle.

par
Laurent Favre
Los Angeles

Au salon du jeu vidéo E3 à Los Angeles, les postes de jeux de tir mais aussi deux des nombreux simulateurs de voitures sont pris d'assaut par les professionnels de l'industrie. Les références du genre, les simulateurs Forza Horizon 3 de Microsoft et Gran Turismo Sport (GT Sport) de Sony ont en commun de viser le grand public. Le premier, pour la Xbox One et Windows 10, a misé sur l'exotisme de l'Australie pour proposer aux joueurs des chevauchées riches en couleurs au volant de l'un des 350 bolides en option. Dans cette version plutôt arcade, jusqu'à quatre joueurs en coopération peuvent explorer des routes très dépaysantes au volant ou au pad de belles voitures de course, 4x4 ou buggy.

Forza Horizon 3, du studio Playground Games, sortie prévue le 27 septembre prochain sur Xbox One et Windows 10 via Xbox Play Anywhere.

Quant à son rival de la PlayStation 4, plus conventionnel pour les parcours, il propose 19 destinations pour 27 tracés différents avec un choix de 137 bolides. On ne peut pas le qualifier d'arcade, mais il peut se révéler très tolérant avec des pilotes à la conduite très dilettante. Il affiche également des graphismes somptueux qui ont été améliorés ces dernières semaines. «C'est une nouvelle ère dans la qualité du rendu de la luminosité. Cela n'a été vu nulle par ailleurs», se félicite même Kazunori Yamauchi, créateur de la série Gran Turismo qui débarque ainsi sur la console PlayStation 4. Que manque-t-il encore aux jeux de voitures par rapport aux vraies courses? «GT fait entrer les simulations dans une nouvelle dimension. On peut encore fournir de meilleurs rendus visuels et sonores. Mais une chose est sûre: vous n'aurez jamais une voiture en feu avec quelqu'un dedans qui risque de mourir». Le Japonais sait de quoi il parle puisqu'il prend régulièrement part aux courses d'endurance sur le mythique circuit allemand du Nürburgring.

De l'e-sport

Avec son nouvel opus, Sony lorgne aussi sur le marché annoncé juteux de l'e-sport, avec la volonté de ratisser du tout public, du débutant à son futur champion du monde de GT Sport. Sous l'égide de la Fédération internationale automobile (FIA), des courses en lignes seront régulièrement organisées à l'échelle nationale. C'est le prolongement pour Sony et de sa GT Academy qui invite depuis plusieurs années une star de son jeu à prendre place dans l'antichambre de la Formule 1. Sony espère également que les courses seront aussi passionnantes en étant suivies assidûment par les spectateurs en ligne.

GT Sport a encore une autre ambition: délivrer un permis de conduire numérique aux joueurs aguerris avec la collaboration de fabricants automobiles. Ceux-ci obtiendront en faisant valoir leur talent de pilotes, tant en matière de performance pure qu'en faisant preuve d'une conduite très propre. La gestion des dégâts peu prise en compte avait été l'une des grosses critiques lors de la présentation du jeu en mai dernier à Londres.

Gran Turismo Sport du studio Polyphony Digital est attendu le 16 novembre sur la PS4.

Et encore de la réalité virtuelle

Les simulateurs de voitures n'échappent pas à la déferlante des casques de réalité virtuelle. GT Sport sera compatible avec le casque PlayStation VR de Sony. Kazunori Yamauchi met en avant les similitudes avec le port du casque dans les voitures et l'avantage d'éviter avec la position assise tout risque de «motion sickness», les troubles dont peuvent souffrir les porteurs de l'appareil à force de se déplacer.

Pour avoir joué au jeu Project Cars au volant avec un masque Oculus Rift et un casque audio Thrustmaster sur la tête, on peut dire que c'est prometteur. Malgré une qualité d'image encore très perfectible, l'expérience immersive est saisissante. Tourner sa tête au moment de dépasser un concurrent ou en le voyant arriver à ses côtés accentue l'immersion, sans parler des frayeurs occasionnées par une violente sortie de piste. Et sans effets secondaires à déplorer en se levant de sa chaise après une séance prolongée.

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