Actualisé 03.09.2019 à 07:33

Football«Les joueurs savent s'ils sont prêts ou pas»

Sous le feu nourri des questions, Vladimir Petkovic a expliqué que Xherdan Shaqiri ne se sentait pas prêt à tout donner cette semaine. Le sélectionneur de la Suisse accepte la situation.

de
Robin Carrel, Zurich
Le «Mister» s'est expliqué longuement.

Le «Mister» s'est expliqué longuement.

Keystone

Trois jours, c'est long. Trois jours à spéculer sur l'absence du meilleur joueur offensif d'une sélection nationale, c'est très long. Alors lundi, à Zurich, quelques heures avant de décoller pour Dublin en vue d'un match potentiellement crucial pour la qualification à l'Euro 2020 face à l'Irlande, Vladimir Petkovic était forcément attendu sur le forfait de Xherdan Shaqiri.

Ces trois jours de spéculations médiatiques ont agacé le sélectionneur. «Mais vous voulez qu'on vous dise de venir le jour de la divulgation de la liste et qu'on vous mette la sélection sous le nez?», s'est-il animé, à la suite d'une question d'un journaliste alémanique. «Oui», ont répondu de nombreux représentants des médias. «Mais vous avez ainsi eu trois jours pour vendre du papier et faire du clic!», a souri le «Mister», avant de demander à son nouveau chef de presse de bien noter cette demande.

«Je l'accepte»

Au début de la rencontre avec la presse, dans un long laïus où il a forcément abordé tous les sujets, le coach a fait, comme d'habitude, passer ses messages et commencé à déminer le sujet Shaqiri, en gardant le «meilleur» pour la fin. Le cas du No 23 liverpuldien a alors pris le dessus sur tout le reste et c'est bien normal. «En ce moment, il a pensé que le mieux à faire pour lui était de ne pas venir et je l'accepte», a posé Petkovic, avant de subir un flot continu de questions sur le sujet.

«On a souvent parlé avec Xherdan. Cinq jours avant le rassemblement, on a décidé de faire comme ça ensemble, a-t-il enchaîné. Il n'y avait pas de sens de le faire venir s'il ne pouvait pas se donner 100%. Les joueurs savent s'ils sont prêts ou pas et chaque élément réagit différemment d'un autre. Ils sentent s'ils sont aptes ou pas. Certains sont venus alors qu'ils ne jouaient pas beaucoup en club. Lui ne pensait pas pouvoir tout donner et aider l'équipe.»

Verre un peu moins que moitié plein

Fabian Schär, entre autres, a toujours été là, même s'il était dans le dur à Hoffenheim ou La Corogne. Le défenseur central profitait de l'air pur de la Suisse pour se refaire une santé et en profite aujourd'hui à Newcastle, où il est indiscutable. Shaqiri, lui, a décidé de rester dans le Nord de l'Angleterre, où il n'a disputé que 97 des 1810 dernières minutes disponibles chez les «Reds», dont 5 le week-end dernier à Burnley (0-3), alors que la partie était déjà pliée depuis longtemps.

«Mais je ne veux pas être pessimiste ou négatif maintenant, a continué Petkovic, avant de se munir d'un verre posé devant lui. Regardez, pour moi, il est à moitié plein. OK, peut-être un peu moins», s'est-il marré en regardant sa contenance de plus près. Ce rare moment de sourires précédait la phrase de fin de conférence de presse, où il a concédé sur une des ultimes questions que sa relation avec le joueur était «OK» et pourrait être meilleure. «Je pense que nous devons accepter la décision de Xherdan. Il a fait la différence dans tant de matches pour nous. Il a près de 100 matches internationaux. Il est humain, il peut avoir un moment difficile.»

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