Actualisé 26.11.2015 à 21:52

Basket

Les joueurs veulent jouer malgré l'avis de la «fédé»

Les dirigeants de Swiss Basketball ont décidé de mettre l'équipe nationale masculine en pause durant une année. Une mesure qui fâche les internationaux.

de
Grégory Beaud
Dusan Mladjan (à dr.) est remonté contre cette suspension

Dusan Mladjan (à dr.) est remonté contre cette suspension

Sur les terrains de basket, on appellerait ça un «crossover»: l'art de feinter son adversaire en lui faisant croire que l'on part d'un côté pour changer de ¬direction au dernier moment. Les fonctionnaires de Swiss Basketball en ont réalisé un exemple en annonçant la mise en pause durant un an de l'équipe de Suisse masculine, ainsi que de plusieurs sélections juniors, comme l'a relayé «La Liberté» jeudi.

International suisse, Dusan Mladjan, qui n'était pas au courant, n'accepte pas ce choix. Les mots sont forts. Il les choisit avec soin: «Personne n'a parlé aux joueurs. D'ailleurs, je ne savais rien. C'est un scandale! Cette décision a été prise par deux ou trois personnes sans nous consulter. Comment peuvent-ils avoir ¬autant de pouvoir?»

L'apaisement prôné par Giancarlo Sergi (lire ci-contre) n'est pas au menu du jour pour Mladjan: «J'ai déjà parlé avec d'autres joueurs et nous n'allons pas nous laisser faire. Nous voulons que la fédération revienne en arrière. Aujourd'hui, la Suisse est la seule nation européenne à faire ça. C'est ridicule!»

Paradoxalement, c'est au moment où elle peut compter sur deux représentants en NBA (Thabo Sefolosha et Clint Capela) que la fédération a abandonné la possibilité de se qualifier pour l'Euro 2017. «Même si Thabo et Clint ne viennent pas, cette équipe de Suisse est l'une des meilleures de l'histoire, lance Mladjan. En plus, c'est le rôle de la fédé de faire en sorte que les meilleurs joueurs soient présents!»

Quid des problèmes financiers avancés par la fédération? Mladjan dégage en touche: «S'ils ne sont pas capables de récolter de l'argent pour l'équipe nationale, ils ¬devraient quitter leur poste. Pour payer leurs salaires, il y a toujours de l'argent!»

Giancarlo Sergi, président de la fédération

Giancarlo Sergi, président de la fédération

Nous avons dû établir des priorités pour prendre cette décision. Au moment de regarder nos chances de nous qualifier pour l'Euro 2017, nous pensions qu'elles n'étaient pas grandes. Nous avons donc pesé le pour et le contre et décidé de faire ce break d'une année. Le but sera d'investir cet argent économisé dans d'autres projets. Dès 2017, avec un nouveau format de qualification, la Suisse aura de réelles chances de disputer un Euro et, également, de jouer des matches intéressants face à de grosses équipes internationales comme l'Espagne ou la France.

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