Syrie: Les Kurdes espèrent reconquérir Kobané

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SyrieLes Kurdes espèrent reconquérir Kobané

Des représentants des kurdes syriens ont affirmé qu'ils progressaient «rue par rue» dans Kobané et qu'ils allaient reprendre la ville aux jihadistes «dans un très court laps de temps».

Les forces kurdes «progressent sur le terrain à Kobané, rue par rue», a affirmé à l'AFP le chef du Parti de l'union démocratique (PYD), Saleh Muslim, en marge de ce rassemblement de soutien à la ville assiégée du nord de la Syrie à la frontière turque, devenue le symbole de la résistance au groupe de l'Etat islamique (EI).

Cette progression survient au lendemain de déclarations de représentants des Kurdes syriens annonçant que leurs combattants progressaient «rue par rue» et qu'ils allaient reprendre la ville aux jihadistes «dans un laps de temps très court».

«Les Unités de protection du peuple (YPG) recapturent des rues et des bâtiments dans le sud de Kobané après des combats acharnés contre l'EI qui ont commencé hier soir», a fait savoir mardi l'OSDH.

Selon cette ONG, les combattants kurdes de Syrie et les peshmergas irakiens ont bombardé durant la journée des positions de l'EI dans d'autres parties de Kobané. La veille, la coalition conduite par les États-Unis a frappé le groupe islamiste dans le sud-est de la ville.

Rééquilibrage des forces

Plus de 1000 personnes ont été tuées au cours des combats, en majorité des jihadistes. L'arrivée de renforts du Kurdistan irakien, entrés le 31 octobre dans Kobané avec des véhicules blindés et des pièces d'artillerie, a rééquilibré le rapport de forces au bénéfice des défenseurs de la ville.

Des villages proches ont même été repris, a constaté un journaliste de Reuters observant la situation depuis la Turquie voisine. Dans la ville elle-même en revanche, les lignes de front ne semblent guère avoir bougé, selon lui. L'EI contrôle toujours les quartiers Est.

Des sources citées par l'OSDH précisent que les jihadistes de l'Etat islamique ont été surpris par la résistance des défenseurs. Les pertes essuyées par le groupe depuis le début de l'assaut se chiffreraient en centaines de morts.

Le sort d'al-Baghdadi incertain

En Irak, des conseillers militaires américains ont pour la première fois été déployés dans la province irakienne d'Al-Anbar, signe de la «nouvelle phase» annoncée par les Etats-Unis dans le cadre de la lutte contre l'EI.

Le déploiement de cinquante soldats intervient peu après l'annonce du doublement de la présence américaine en Irak, à hauteur de 3000 soldats. Ces renforts doivent permettre aux forces irakiennes de passer à une configuration plus offensive.

Les forces pro-gouvernementales éprouvent les pires difficultés à regagner du terrain dans cette province de l'ouest du pays presque entièrement contrôlée par les jihadistes.

Un grand flou entoure toujours le sort du chef du groupe, Abou Bakr al-Baghdadi, depuis les raids de la coalition sur un convoi qui transportait peut-être des chefs de guerre, selon le Pentagone. Des informations non confirmées ont indiqué qu'il aurait été blessé, voire tué.

Désintérêt pour les réfugiés

Environ 13,6 millions de personnes ont été déplacées par les conflits en Syrie et en Irak, a annoncé mardi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), qui a encore besoin de 60 millions de dollars pour venir en aide à 990'000 personnes.

Pour Amin Awad, directeur du HCR pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, ces chiffres sont d'autant plus impressionnants que le monde tend à se désintéresser du sort des réfugiés. «Aujourd'hui, lorsque nous parlons d'un million de personnes déplacées en deux mois ou de 500'000 du jour au lendemain, le monde ne nous répond plus», a-t-il déclaré à la presse à Genève. (ats)

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