Pénurie d’énergie: Les lacs suisses, ces surfaces inexploitées pour l’énergie solaire

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Pénurie d’énergieLes lacs suisses, ces surfaces inexploitées pour l’énergie solaire

Une émission de la télévision alémanique laisse entendre que l’utilisation de 5% de la surface des 10 plus grands lacs pourrait produire un quart de la consommation suisse.

La centrale solaire flottante installée par Romande Energie sur le lac des Toules en Valais.

La centrale solaire flottante installée par Romande Energie sur le lac des Toules en Valais.

Romande Energie

Des centrales solaires flottantes de plusieurs kilomètres carrés pour faire accéder la Suisse à l’indépendance énergétique. L’entreprise spécialisée Energie Zukunft Schweiz étudie sérieusement la question, selon l’émission alémanique «10 vor 10» de la SRF. Et ce genre de projet n’est pas une vague utopie, apprend-on. Des panneaux photovoltaïques flottant sur des lacs ou en mer sont déjà exploités en Thaïlande, en France, aux Pays-Bas et au Portugal.

L’utilisation de 5% de la surface des 10 plus grands lacs de Suisse permettrait de produire 15 térawattheures grâce au solaire, soit environ un quart des besoins du pays, a calculé Energie Zukunft Schweiz. Un projet pilote de Romande Energie est en cours depuis 2019 sur le lac artificiel des Toules en Valais, mais la surface exploitée (2000 mètres carrés) est bien moins importante que les plusieurs dizaines de kilomètres carrés qui pourraient être envisagés sur les lacs Léman, de Constance, de Neuchâtel, de Zurich ou de Bienne.

Protéger le paysage

Reste que l’idée ne fait pas l’unanimité. Certains observateurs préféreraient voir de telles installations fleurir dans des zones moins dommageables pour le paysage et l’environnement. La présidente de l’organisation Aqua Viva, Martina Munz, se montre sceptique: «Sur les lacs artificiels, cela ne me dérange pas, mais nos lacs naturels sont des perles et il est hors de question de les aménager.» La responsable préconise d’utiliser en premier lieu les zones construites comme les parkings, les autoroutes et les façades.

Anthony Patt, professeur de politique climatique à l’EPFZ, se montre plus nuancé. Il souligne que les expériences faites jusqu’à présent à l’étranger avec des centrales solaires flottantes sont bonnes. Mais selon lui, les grands projets sur les lacs ne sont pas prioritaires. «Je pense que nous devrions envisager des installations photovoltaïques à grande échelle sur des champs et dans les Alpes. Il y a suffisamment de zones qui ont moins de valeur paysagère qu’un lac. Et les installations solaires en montagne produisent beaucoup d’électricité en hiver», ajoute-t-il. D’ailleurs, un projet pour des panneaux d’une superficie de 100’000 mètres carrés a été lancé en Valais.

(jba)

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