Les larmes du brocanteur
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Les larmes du brocanteur

Pour le procureur général, le sexagénaire doit être
reconnu coupable d'assassinat.
Verdict aujourd'hui.

Sans partie civile sur le banc des accusés, la famille de la victime étant restée en Italie, le procès du brocanteur a souvent pris des allures de «café du commerce», le public – venu nombreux – riant volontiers à l'évocation des déjeuners arrosés de «Jipé» et des témoins parfois hauts en couleur appelés à la barre.

Changement d'ambiance hier en Cour d'assises avec le réquisitoire du procureur général. «J'ai rarement été confronté à tant de cynisme», affirme Daniel Zappelli, qui ne croit pas à la thèse d'un brocanteur «attaqué» par un Giovanni d'1, 60 m, nu et prêt à lui faire des avances sexuelles. En évoquant l'agression dont il affirme avoir été victime à l'âge de 10 ans dans les WC de Plainpalais, «Jipé» sort son mouchoir. Il craque. Pour la première fois, il s'excuse. Parce qu'il n'arrive pas à évoquer ce douloureux souvenir. Ses larmes n'émeuvent pas le procureur qui fait remarquer que, dans ce dossier, aucun élément n'accrédite l'homosexualité de la victime.

Les avocats du brocanteur, Mes Robert Assaël et Vincent Spira, ont défendu la thèse du meurtre et non de l'assassinat. La différence est de taille. Car si le brocanteur était reconnu coupable de meurtre, il serait acquitté en raison du délai de prescription de dix ans! «Il n'a pas tué pour de l'argent mais parce qu'il s'est retrouvé confronté à ce qu'il avait vécu quand il était enfant», a plaidé Me Assaël.

Valérie Duby

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