Les législatives françaises: la droite est confiante, la gauche redoute.

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Les législatives françaises: la droite est confiante, la gauche redoute.

Paris - Les électeurs de Saint-Pierre et Miquelon, petit archipel français de l'Atlantique nord, ont commencé à voter samedi pour le second tour des législatives françaises.

Selon les derniers sondages, l'UMP et ses alliés pourraient obtenir jusqu'à 420 sièges.

Les 4900 électeurs de Saint-Pierre et Miquelon étaient les premiers à être appelés à participer à ce scrutin, qui doit désigner 467 des 577 députés de l'Assemblée. 110 députés ont été élus dès le premier tour le 10 juin.

Un jour d'avance

Le vote se déroule avec une journée d'avance dans les territoires et départements français du continent américain afin de tenir compte du décalage horaire. Au total, 700 000 électeurs étaient appelés à voter samedi, notamment dans les trois départements d'outre-mer de Guadeloupe, Martinique et Guyane.

En France métropolitaine, le vote aura lieu dimanche. Le parti de droite UMP du nouveau président Nicolas Sarkozy fait figure d'archi-favori. Avec ses alliés, il devrait obtenir de 380 à 420 sièges dans la nouvelle Assemblée nationale, selon un sondage diffusé samedi. Le parlement sortant comptait 359 députés UMP et 149 députés socialistes.

Risque de déroute

Selon l'enquête publiée samedi, le Parti socialiste et ses alliés occuperaient de 153 à 195 sièges de député. Le Mouvement démocrate (MoDem) de François Bayrou aurait deux à trois sièges et le Nouveau Centre de 20 à 23. L'Assemblée est élue pour cinq ans.

Pour les socialistes, une défaite qui tournerait à la déroute (moins de 100 députés) précipiterait sans doute la bataille pour le leadership entre les partisans de Ségolène Royal - qui veut «refonder» le parti et l'entraîner derrière elle pour la présidentielle de 2012 - et leurs rivaux.

Socialistes: appel au sursaut

Sur les 110 députés élus au 1er tour le 10 juin, 109 sont de droite et un seul PS. Le Parti socialiste, qui a souffert du fort taux d'abstention (40 %) au 1er tour, a appelé au «sursaut». Mme Royal a demandé aux électeurs de gauche et du centre de voter pour «ériger un barrage au tsunami bleu».

Mais l'avantage est nettement en faveur de la droite lors de ce scrutin qui clôt un cycle électoral entamé il y a près de deux mois, marqué par la victoire sans appel à la présidentielle de M. Sarkozy, 52 ans (53 % des voix), face à Ségolène Royal.

Cette élection a fait basculer la France dans une nouvelle ère après 12 ans de présidence de Jacques Chirac. Le dynamisme de M. Sarkozy, l'arrivée de nouvelles figures, comme Rachida Dati, propulsée ministre de la Justice et de quelques personnalités de gauche, comme l'ex-«French Doctor» Bernard Kouchner à la diplomatie ont séduit une majorité de Français, selon les sondages.

Programme législatif chargé

Reste maintenant à M. Sarkozy, qui veut s'imposer en «président qui gouverne» à mettre en place les mesures nécessaires pour «réformer en profondeur» et «moderniser» la France. L'Assemblée et le Sénat - où la droite est majoritaire - plancheront dès la fin juin sur un programme législatif chargé.

M. Sarkozy et son Premier ministre François Fillon ont notamment préparé un «choc fiscal» (baisse des droits de succession et exonération de la fiscalité sur les heures supplémentaires) dont l'opposition affirme qu'il va profiter aux «riches» et creuser la dette.

Petits partis en déroute

La nouvelle Assemblée qui sortira des urnes dimanche consacrera en tout cas la bipolarisation de la scène politique. Les autres petites formations dans l'opposition à M. Sarkozy devraient être laminées en raison principalement du mode de scrutin.

(ats)

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