Les législatives reportées en février
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Les législatives reportées en février

Islamabad - Les élections législatives et provinciales prévues le 8 janvier au Pakistan sont reportées au mois de février, a déclaré mardi à l'AFP un haut responsable de la Commission électorale.

Et ce cinq jours après l'assassinat de l'opposante Benazir Bhutto dans un attentat suicide.

«Les élections ne seront pas reportées au-delà de février», a déclaré cette source sous couvert de l'anonymat. «Nous pensons qu'elles auront lieu vers la fin du mois prochain», a-t-il précisé. L'annonce officielle publique du report sera faite dans la journée par la Commission électorale, selon cette source.

«Nous voulons que le délai du report soit le plus court possible, mais il faut une période de temps réaliste pour remettre le processus électoral sur les rails», a ajouté cette source en invoquant les violences et émeutes consécutives à l'assassinat jeudi de la principale figure de l'opposition, l'ex-premier ministre Benazir Bhutto, et qui ont fait au moins 58 morts dans tout le pays.

«Acceptable»

Toutefois, le parti de Mme Bhutto a annoncé lundi qu'il refusait un quelconque report, remettant toutefois sa décision finale à une réunion de son comité exécutif. Dans l'entourage de la famille Bhutto, qui a repris dimanche les rênes du Parti du peuple pakistanais (PPP), on laissait cependant entendre qu'un délai «raisonnable» pourrait être accepté.

Le dirigeant du deuxième parti d'opposition, l'ex-premier ministre Nawaz Sharif, a également rejeté l'idée d'un report, mais un membre de son mouvement a estimé qu'un «léger délai» serait «acceptable».

Les élections sont un enjeu de taille dans un pays au bord du chaos politique, fort de 160 millions d'habitants, seule puissance nucléaire connue du monde musulman et allié clé des Etats-Unis dans leur «guerre contre le terrorisme», et sur qui les yeux du monde sont braqués avec inquiétude.

Le président Pervez Musharraf a été réélu pour un second mandat le 6 octobre mais au terme d'une élection très contestée au suffrage indirect des assemblées nationales et provinciales sortantes, qui lui étaient tout acquises, et son pouvoir, de plus en plus contesté, serait rendu inopérant si l'opposition remportait les législatives.

(ats)

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