Pays-Bas: Les libéraux devancent de peu les travaillistes
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Pays-BasLes libéraux devancent de peu les travaillistes

Les libéraux devancent de très peu les travaillistes aux élections législatives de mercredi aux Pays-Bas. Les premiers obtiennent 44 sièges, les seconds 40, selon un décompte partiel.

Le leader des travaillistes Diederik Samsom.

Le leader des travaillistes Diederik Samsom.

Les Néerlandais ont élu mercredi leurs députés lors d'un scrutin anticipé considéré comme un baromètre du sentiment anti-européen dans un des pays moteurs de la zone euro. Les deux grands favoris, libéraux et travaillistes, partis pro-européens, seraient en tête.

Les libéraux devanceraient de peu les travaillistes: des sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote créditent les libéraux du premier ministre sortant Mark Rutte de 44 sièges de députés sur 150, les travaillistes de Diederik Samsom de 40 sièges, et les socialistes (gauche «dure») de 15 sièges.

Le parti d'extrême droite de Geert Wilders, europhobe et militant pour une sortie de la zone euro, enregistre un revers spectaculaire: il est crédité de 13 sièges, soit près de la moitié des 24 obtenus aux législatives de 2010.

Si ces résultats devaient se confirmer, Mark Rutte serait le grand favori pour se succéder à lui-même et les Pays-Bas continueraient à s'aligner sur l'Allemagne en matière d'austérité budgétaire sur la scène européenne.

Rutte, défenseur de l'austérité

Hasard du calendrier, la Cour constitutionnelle allemande a autorisé mercredi l'adoption par Berlin des derniers mécanismes de sauvetage de la zone euro, levant une incertitude majeure sur la gestion de la crise financière.

«Nous poursuivrons notre proche collaboration avec l'Allemagne et la Finlande pour combattre la crise de l'euro», a déclaré mercredi à des journalistes Mark Rutte, favorable à l'austérité: «la Grèce et les autres doivent tenir leurs promesses, ou alors, nous ne pouvons pas les aider». Si les urnes confirment les sondages, les Pays-Bas devraient rester l'un des membres de la zone euro les plus hostiles à l'aide en faveur des Etats lourdement endettés.

Considéré comme plus proche de la position française, dont le président François Hollande prône la relance économique, il a pourtant déclaré mardi soir, lors d'un débat électoral que «c'est une erreur d'appréciation de croire que la crise doit être résolue en choisissant entre Paris et Berlin».

«Une coalition entre les libéraux et les travaillistes semble inévitable», assure la banque néerlandaise Rabobank dans une analyse sur les élections, malgré des différences de vue évidentes entre les deux partis sur l'austérité. Un gouvernement de gauche incluant notamment travaillistes et socialistes, que redoute le secteur financier, n'est toutefois pas exclu surtout si les travaillistes terminent en tête des élections, souligne Rabobank.

Electorat hostile aux plans d'aide

Aux Pays-Bas, le poste de premier ministre revient traditionnellement au chef de file du parti le plus important: que ce soit Mark Rutte ou Diederik Samsom, les analystes ne s'attendent pas à un changement radical de la position néerlandaise en matière d'exigences budgétaires vis-à-vis des pays du sud de l'Europe.

Obligés de composer avec un électorat de plus en plus hostile aux plans d'aide à la Grèce et aux «bureaucrates» de Bruxelles, travaillistes et libéraux, traditionnellement pro-européens, ont durci le ton vis-à-vis de l'UE lors de la campagne électorale.

«On dit beaucoup de choses pendant une campagne et après il y a la réalité: l'Europe est importante», assure Michiel de Haan, un ingénieur de 30 ans. L'économie des Pays-Bas, cinquième de la zone euro, est en effet tournée vers l'étranger, notamment via Rotterdam, premier port européen et 4e port mondial.

C'est à la suite d'un désaccord sur la réduction du déficit public avec son allié au parlement, le parti de Geert Wilders, que le gouvernement minoritaire de centre-droit de Mark Rutte avait démissionné en avril. M. Wilders avait alors refusé de soutenir un budget d'austérité imposé, selon lui, par les «diktats de Bruxelles».

(ats)

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