Actualisé 29.02.2012 à 07:55

Votations du 11 mars

«Les livres seront encore plus chers qu'aujourd'hui»

Le Député-suppléant au Grand Conseil valaisan et vice-président des Jeunes libéraux-radicaux suisses estime que le prix unique du livre n'aidera pas les petits librairies. Interview.

de
jbm
Philippe Nantermod, vice-président des Jeunes libéraux-radicaux suisses.

Philippe Nantermod, vice-président des Jeunes libéraux-radicaux suisses.

Quel argument mettez-vous en avant pour faire voter non?

Le marché du livre est actuellement dans les mains d'un cartel d'importateurs étrangers qui fixent des prix beaucoup trop élevés pour les lecteurs suisses. La loi prévoit de bétonner le statut de ces sociétés en leur donnant la possibilité de fixer désormais le prix de vente final des livres sur internet, dans les librairies et dans les supermarchés. Avec cette loi, les livres seront encore plus chers qu'aujourd'hui, sans pour autant que cela aide les petites librairies.

Quelle conséquence voyez-vous pour le lecteur si cette loi est refusée?

Les consommateurs pourront continuer à acheter des ouvrages sur internet à des prix corrects, et les rabais seront toujours permis, alors qu'ils seront limités à 5% si le texte passe. Il s'agit là de sauver le pouvoir d'achat des Suisses, aujourd'hui avec le livre, demain avec d'autres produits d'importation. A contrario, si la loi est acceptée, les prix augmenteront pour les étudiants (fin des rabais), sur internet et dans toutes les librairies qui pratiquent les importations directes. Les professionnels seront tenus de vendre les ouvrages à un prix décidé par les importateurs. Ils disparaîtront encore plus rapidement, comme en France ou en Allemagne.

Du point de vue des libraires, pensez-vous que l'éventuel refus du texte serait une bonne chose pour eux?

Oui. Partout où le prix unique du livre est appliqué, le nombre de petites librairies diminue sans cesse. En France, la loi a eu comme principal effet de permettre à la FNAC d'augmenter massivement son bénéfice. Le prix unique, c'est aussi un plafond maximum de ventes: les libraires ne pourront plus facturer le service de qualité qu'ils offrent.

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