Royaume-Uni: Les livreurs de Deliveroo revendiquent leurs droits collectifs
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Royaume-UniLes livreurs de Deliveroo revendiquent leurs droits collectifs

Les livreurs de Deliveroo vont demander devant la cour d’appel de Londres à pouvoir bénéficier d’une convention collective. Un droit qui leur avait été refusé en décembre 2018.

En 2018, la Haute Cour de Londres avait décidé que les coursiers ne pouvaient pas bénéficier du droit à la négociation collective.

En 2018, la Haute Cour de Londres avait décidé que les coursiers ne pouvaient pas bénéficier du droit à la négociation collective.

AFP

Les coursiers de Deliveroo vont demander mardi et mercredi devant la Cour d’appel de Londres à pouvoir bénéficier d’une convention collective, après qu’un tribunal de première instance leur a refusé ce droit en 2018.

«L’IWGB s’oppose à Deliveroo devant la Cour d’Appel cette semaine, pour établir le droit à la négociation collective pour les coursiers travaillant» pour le géant britannique de la livraison de repas, commente ce syndicat des travailleurs indépendants britanniques dans un communiqué publié lundi.

Inquiétude du syndicat

«Bien qu’ils soient des travailleurs essentiels qui ont dû exercer pendant toute la pandémie de Covid-19, les livreurs se voient encore refuser d’avoir leur mot à dire sur leurs conditions de travail», ajoute-t-il, et ce «au moment où Deliveroo a prévu d’entrer en Bourse d’ici quelques mois».

«Un tiers des grèves dans le secteur des livraisons de repas pour des tiers et les actions collectives dans le secteur sont dirigées contre Deliveroo», argumente aussi l’IWGB.

Le syndicat relève des inquiétudes «relatives aux conditions de travail précaires» ainsi qu’aux «salaires en dessous du minimum légal en passant par la sûreté sanitaire face au Covid ou des fins de contrats abusive sans cause».

Candidature chaque semaine

Un porte-parole de Deliveroo, joint par l’AFP, a pour sa part affirmé que «Deliveroo offre aux coursiers un travail flexible parce que c’est ce qu’ils demandent. (...) Deliveroo offre aussi de la sécurité aux coursiers à travers des assurances accidents gratuites pour tous les livreurs, ainsi que des opportunités de formation et progression».

Le groupe de livraison de repas rappelle que «50’000 livreurs ont choisi de travailler avec nous chaque semaine et nous obtenons des candidatures chaque semaine». Deliveroo fait valoir que «des tribunaux au Royaume-Uni ont estimé par trois fois que les livreurs de Deliveroo étaient des travailleurs indépendants».

En décembre 2018, la Haute cour de Londres avait jugé que les coursiers de Deliveroo n’étaient pas dans une «relation d’emploi» avec le géant des livraisons et ne pouvaient donc pas bénéficier du droit à la négociation collective.

«Auto-entrepreneurs»

L’IWGB veut faire valoir que le droit humain à la libre association signifie que le droit à la négociation collective doit s’étendre à la «gig economy» ou l’économie des contrats à l’unité.

Le secteur est devenu une partie notable de l’activité au Royaume-Uni avec des millions de travailleurs indépendants. En décembre 2016, l’IWGB avait déposé une requête au nom de plusieurs livreurs de Deliveroo afin qu’ils obtiennent une convention collective. Il demandait que les coursiers, considérés comme des auto-entrepreneurs, obtiennent des droits habituellement attachés au statut de salarié, comme un revenu minimum et des congés payés.

Mais en 2018 la Haute Cour avait rejeté cette requête, déclarant n’avoir pas été «convaincue» que le droit de négocier des conventions collectives s’étendait «au-delà de la relation d’emploi» classique

(AFP)

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