Crise en Libye: Les loyalistes passent à l'attaque
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Crise en LibyeLes loyalistes passent à l'attaque

L'aviation du régime libyen a de nouveau attaqué les rebelles, samedi.

Le régime libyen, résolu à venir à bout de l'insurrection, a de nouveau lancé samedi son aviation contre les rebelles. Réunie au Caire, la Ligue arabe a donné son accord à une zone d'exclusion aérienne en Libye et a souhaité établir des contacts avec l'opposition.

Alors que les loyalistes avancent vers l'est le long de la côte libyenne, repoussant les rebelles, l'un des fils du leader Mouammar Kadhafi a promis «une guerre jusqu'au bout», se disant confiant dans une victoire des troupes gouvernementales.

«Bientôt, tout sera fini», a dit Seif al-Islam Kadhafi à des journaux italiens, affirmant que les troupes du régime avaient déjà repris «90 % du pays». «Ces terroristes ne parlent pas de démocratie, d'élections, de valeurs: ce sont simplement des terroristes», a-t-il assuré. Une manifestation pro-Kadfai a elle eu lieu samedi en Guinée-Bissau.

Face à la répression sanglante de la révolte qui a fait des centaines de tués depuis le 15 février et poussé à la fuite plus de 250'000 personnes, la Ligue arabe, réunie au Caire, a estimé que le régime libyen avait «perdu sa légitimité» du fait des «violations dangereuses» commises contre son peuple.

Souhait lancé par les Etats-Unis

Elle a par conséquent appelé le Conseil de sécurité à autoriser la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne pour protéger le peuple. Elle a aussi décidé de «coopérer» avec le Conseil national de transition (CNT), créé par l'opposition et basé à Benghazi à près de 1000 km à l'est de Tripoli. Ces mesures ont saluées par les Etats- Unis et la Grande-Bretagne.

La mise en place d'une zone d'exclusion aérienne nécessite des centaines d'avions pour interdire le survol d'un territoire de près de 1,8 million de km2 et clouer au sol l'aviation libyenne, une arme actuellement utilisée par le régime pour reconquérir les villes aux mains de rebelles moins bien armés.

L'UE insiste pour «une base juridique claire et le soutien de la région» avant toute action alors que Washington souhaite un mandat de l'ONU.

Mesure évoquée par Gates

Signe de cette hésitation, le ministre américain de la Défense, Robert Gates, a dit qu'il n'était pas sûr qu'imposer une zone d'exclusion soit une décision «sage», même si les Etats-Unis et leurs alliés avaient la capacité de le faire.

Des milliers de femmes ont manifesté samedi dans les rues de Benghazi pour demander une zone d'exclusiob aérienne.

Sur le terrain, l'aviation a lancé deux nouveaux raids sur un poste de contrôle des insurgés à Al-Uqaila, sur la ligne de front à quelques dizaines de kilomètres à l'est de la ville pétrolière de Ras Lanouf, ancienne base avancée de l'insurrection reconquise par les pro-Kadhafi après des raids intenses.

Les forces pro-Kadhafi ont fêté la reconquête de Ras Lanouf et de la bourgade de Ben Jawad, à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest, où les destructions témoignaient de la violence des combats, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Après les raids et alors que des avions de chasse survolaient la zone, des dizaines de véhicules transportant des rebelles ont fui Al-Uqaila vers Brega, à 40 km plus à l'est. Autre site pétrolier stratégique, Brega ressemblait à une ville fantôme et aucun signe ne permettait de dire qui la contrôlait.

Heurts à Misrata

Les insurgés semblent se concentrer sur ce nouveau front, avec quelque 70 combattants visibles sur la route côtière menant à Brega.

Les forces libyennes ont lancé samedi une attaque pour reprendre aux insurgés Misrata, la troisième ville du pays à 200 km à l'est de Tripoli, et poursuivaient leur offensive dans la région de Ras Lanouf.

Un cameraman de la chaîne Al-Jazira, Ali Hassan Al Jaber, a été tué dans une embuscade près de Benghazi, a annoncé samedi la télévision satellitaire qatarie.

Soldats néerlandais aux Pays-Bas

Les trois soldats néerlandais libérés dans la nuit de jeudi à vendredi après douze jours de captivité en Libye sont arrivés samedi aux Pays-Bas, a indiqué un porte-parole de la base militaire d'Eindhoven, dans le sud des Pays-Bas, Harry van den Dries.

Sur le plan diplomatique, l'Union européenne a reconnu le CNT comme un «interlocuteur politique», sans toutefois le reconnaître officiellement comme a fait la France.

Au 26e jour de l'insurrection contre le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, une mission humanitaire de l'ONU est arrivée en Libye pour «évaluer les besoins humanitaires». (ats)

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