Actualisé 27.10.2009 à 15:22

2010 s'annonce difficileLes loyers vont stagner l'an prochain

Les signes de reprise ne se répercutent pas encore sur l'immobilier. La demande de logements et les investissements vont reculer l'an prochain, selon l'étude Immo-Monitoring 2010.

Quant aux loyers, ils devraient stagner voire baisser légèrement, une première en 10 ans.

Les principaux facteurs soutenant la demande de logements vont évoluer de manière négative ces prochains trimestres, écrit mardi le cabinet Wüest & Partner, dans l'édition d'automne de son étude «Immo- Monitoring» 2010. Le climat de consommation ne pousse pas à la recherche d'une nouvelle habitation et la main-d'oeuvre qualifiée étrangère rechigne à immigrer en Suisse, faute d'emplois.

Les précédentes récessions ont montré que l'évolution du chômage et de l'immigration se répercutent sur l'économie avec un à deux ans de retard, explique le rapport. En outre, les prévisions de reprise pour l'année prochaine se basent essentiellement sur les programmes d'envergure mis en place par l'Etat pour soutenir la conjoncture.

Ainsi, l'étude met en garde la branche immoblière sur les défis qui l'attendent en 2010. La frénésie de nouvelles constructions, soutenue par la forte demande des immigrés qualifiés, par les taux hypothécaires au plus bas et par la rénovation des immeubles à fort rendement, va se diluer. Pour éviter la surchauffe, le secteur va devoir couper dans les budgets.

Loyers en baisse

Quant aux loyers, la situation va se stabiliser ces prochains mois. Les logements vides sont nombreux sur le marché, ce qui pourrait faire baisser les prix. Mais il ne faut pas s'attendre à une chute, tout au plus à une érosion des prix, relève Wüest & Partner.

Sur les six premiers mois de cette année, les loyers en Suisse ont augmenté de 1,1%, contre 2,9% six mois plus tôt. D'ici juin 2010, ils vont même connaître un léger recul, de 0,4%, après dix ans de renchérissement. Bâle, la Suisse romande et Berne afficheront des baisses de 0,7% en moyenne. La situation restera inchangée dans l'Arc lémanique et en Suisse centrale.

Logements en propriété

Les logements en propriété ont renchéri de 3,7% les six premiers mois de l'année, soit nettement plus que les prévisions. Les prix ont pu se maintenir à la hausse, malgré l'offre importante et les taux hypothécaires au plus bas. Mais il faut s'attendre à une baisse prochainement. Quant à savoir quand elle aura lieu, Wüest & Partner peine pour l'heure à le dire.

Le cabinet de conseils table pour l'année à venir sur une stagnation des prix des logements en propriété (-0,1%). La situation sera semblable dans toutes les régions.

Changement de génération

Pour les maisons familiales, la demande est aussi dopée par les taux hypothécaires avantageux, ce qui s'accompagne d'un renchérissement. Les prix ont augmenté de 2,4% de janvier à juin. La tendance sera un peu moins favorable durant les douze prochains mois, avec une augmentation d'à peine 1%. L'Arc lémanique demeurera la région la plus chère, même si la hausse devrait y ralentir.

On constate aussi dans ce secteur un recul des nouvelles constructions. Le marché recèle en revanche un nombre croissant de maisons des années 1960 et 1970, dont les propriétaires veulent se séparer pour raison d'âge. Vu la quantité d'objets en vente, leurs prix sont en revanche moins élevés que ceux des villas neuves.

Du côté des surfaces commerciales, les prix sont aussi à la baisse. Les prix des bureaux vont baisser de 4,5% en un an, selon l'étude. Les prix des surfaces de vente diminueront pour leur part de 2,7%. Actuellement, celles-ci valent un tiers de moins qu'en 1970. (ats)

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