Actualisé 22.07.2014 à 14:29

Nigeria

Les lycéennes ont été enlevées il y a 100 jours

Le président nigérian Goodluck Jonathan a rencontré pour la première fois mardi à Abuja des parents des lycéennes kidnappées par les islamistes de Boko Haram.

Le 14 avril soit il y a cent jours, cet enlèvement de 276 jeunes filles avait ému le monde entier. Une délégation de plus de 150 habitants de Chibok a rencontré le président Jonathan, le président du Sénat, David Mark, et le gouverneur de l'Etat de Borno (nord-est), Kashim Shetima, selon un journaliste de l'AFP. Suite à une courte prière en présence des médias, la rencontre s'est poursuivie à huis clos.

Cette entrevue très attendue avec le chef de l'Etat, accusé d'avoir manqué de réactivité dans cette affaire, intervient au moment où l'armée tente de reprendre le contrôle de la ville de Damboa (nord-est) attaquée par Boko Haram qui semblait toujours la contrôler mardi.

Proposition refusée

Suite à la visite de la jeune militante pakistanaise Malala Yousafzai, venue à Abuja apporter son soutien à la campagne #bring back our girls («Ramenez nos filles») pour la libération des lycéennes, la présidence avait tenté d'organiser une rencontre avec quelques proches des captives la semaine dernière.

Mais la petite délégation conviée avait décliné cette invitation, considérant que si le président Jonathan refusait de se rendre à Chibok, il pouvait au moins faire venir à Abuja l'ensemble des familles touchées par ce drame. Le gouvernement a donc affrété un avion qui a transporté lundi les proches des otages de Yola (nord-est) à Abuja, a indiqué l'oncle de deux lycéennes toujours en captivité, Ayuba Chibok.

Fortes critiques

Sur les 276 lycéennes capturées au moment de l'attaque, 219 sont toujours portées disparues. M. Jonathan a été très critiqué pour son manque de réactivité au lendemain de ce kidnapping de masse et pour ne s'être jamais rendu à Chibok depuis pour rencontrer les familles des victimes.

Le sort des otages de Chibok a suscité une très vive émotion au Nigeria et dans le monde, et suscité la campagne #bring back our girls, relayée par les réseaux sociaux. Des personnalités telles que le pape François, la Première dame des Etats-Unis Michelle Obama ou l'actrice Angelina Jolie ont exprimé leur soutien.

Plusieurs puissances occidentales ont offert une aide logistique et militaire au Nigeria pour tenter de retrouver les jeunes filles, mais peu d'informations ont filtré quant à l'avancée des recherches.

Attaques meurtrières

L'Etat de Borno, où se trouve Chibok, est l'épicentre de l'insurrection islamiste au Nigeria, qui a fait plus de 10'000 morts dans le pays depuis cinq ans et a encore gagné en intensité ces derniers jours dans le Nord-Est.

En dépit du lancement d'une vaste offensive militaire en mai 2013 et de l'instauration de l'état d'urgence dans trois Etats du Nord-Est, Boko Haram multiplie les attaques meurtrières. (ats)

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