OMD en interview: «Les machines peuvent causer des maux de tête»
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OMD en interview«Les machines peuvent causer des maux de tête»

Orchestral Manoeuvres in the Dark (OMD) est déjà de retour avec «English Electric». Le duo post new wave a les pieds sur terre. Interview.

par
Fabien Eckert
Les Britanniques Andy McCluskey (à g.) et Paul Humphreys ont le regard tourné vers l'avenir.

Les Britanniques Andy McCluskey (à g.) et Paul Humphreys ont le regard tourné vers l'avenir.

Tout le monde a encore en tête le tube «Enola Gay». Depuis sa sortie en 1980, de l'eau a coulé sous les ponts. Pas une raison pour ne pas remettre l'ouvrage sur le métier selon le duo OMD, formé par Andy McCluskey, et Paul Humphreys.

Vous avez fait votre retour en 2010 avec «History of Modern» après 14 ans de silence. Trois ans plus tard, voici «Electric English». Pourquoi ce nouvel album si vite?

«History of Modern» était un bon disque et nous a redonnés la confiance d'encore pouvoir écrire des chansons. Mais nous étions également persuadés que nous pouvions faire mieux: plus conceptuel et expérimental mais toujours avec de belles mélodies. On a aimé faire ce nouveau disque. On a été inspirés et nos idées nous ont excités.

Pourquoi «English Electric» sonne-t-il si vintage?

Notre avis est que le disque mélange le vieux et le moderne. On un son très caractéristique et reconnaissable. Ce serait ridicule d'essayer de faire un son qui ne nous ressemble pas. C'est aussi déconseillé d'essayer de s'auto copier ou de se pasticher. C'est extrêmement difficile de trouver le juste milieu mais on pense qu'on y est parvenu.

Notre avis est que le disque mélange le vieux et le moderne. On un son très caractéristique et reconnaissable. Ce serait ridicule d'essayer de faire un son qui ne nous ressemble pas. C'est aussi déconseillé d'essayer de s'auto copier ou de se pasticher. C'est extrêmement difficile de trouver le juste milieu mais on pense qu'on y est parvenu.

Cet album paraît plus audacieux que le précédent. Pourquoi?

Nous avons décidé de «désapprendre» notre manière, que nous avions depuis des années, très traditionnelle d'écrire des chansons. Quand nous avons débuté adolescents, nous n'avions aucune connaissances musicales. On s'est éduqués tout seuls. Aujourd'hui, nous avons à nouveau la liberté d'explorer notre style si caractéristique.

Ne pensez-vous pas que votre duo, après plus de trente ans de carrière, doit se réinventer?

C'est important quand tu as des idées de les transposer sur de belles mélodies. Si tu es incapable de continuer ce procédé, il faut arrêter. Nous devons constamment nous réinventer en identifiant de nouvelles idées qui nous excitent. Cette excitation nous pousse à faire de la musique et nous donne l'énergie nécessaire pour la produire. On n'a pas de soucis à se faire quant au fait de réinventer notre style. On s'en fiche et on s'en est toujours fichu d'avoir un style.

C'est important quand tu as des idées de les transposer sur de belles mélodies. Si tu es incapable de continuer ce procédé, il faut arrêter. Nous devons constamment nous réinventer en identifiant de nouvelles idées qui nous excitent. Cette excitation nous pousse à faire de la musique et nous donne l'énergie nécessaire pour la produire. On n'a pas de soucis à se faire quant au fait de réinventer notre style. On s'en fiche et on s'en est toujours fichu d'avoir un style.

Est-ce que cet album est encore du new wave?

Les titres du disque sonnent comme ceux d'Orchestral Manoeuvres in the Dark. Le new wave est un vieux terme journalistique. Aujourd'hui, il ne s'applique à rien ni personne.

Comment voyez-vous l'évolution des machines dans la musique en général?

On utilise tout un attirail de technologie moderne. Nous l'aimons. Ça nous permet de faire tellement de chose dans la musique. Il y a quelques décennies, nous n'aurions même jamais rêvé ces avancées. Le seul bémol: la tyrannie du choix. Aujourd'hui, tu as des milliers de basses différentes dans ta banque de sons. Décider laquelle est la meilleure peut causer de sérieux maux de tête. Le fait d'avoir 200 pistes audio différentes dans ton ordinateur ne veut pas dire que tu dois toutes les utiliser. La technologie offre tellement de possibilités que ça t'oblige à être un producteur impitoyable. Sinon, les machines vont te dicter ta musique. Et ça, c'est pas bon.

On utilise tout un attirail de technologie moderne. Nous l'aimons. Ça nous permet de faire tellement de chose dans la musique. Il y a quelques décennies, nous n'aurions même jamais rêvé ces avancées. Le seul bémol: la tyrannie du choix. Aujourd'hui, tu as des milliers de basses différentes dans ta banque de sons. Décider laquelle est la meilleure peut causer de sérieux maux de tête. Le fait d'avoir 200 pistes audio différentes dans ton ordinateur ne veut pas dire que tu dois toutes les utiliser. La technologie offre tellement de possibilités que ça t'oblige à être un producteur impitoyable. Sinon, les machines vont te dicter ta musique. Et ça, c'est pas bon.

Que pensez-vous de la scène électronique actuelle?

On ne s'intéresse pas à savoir s'il y a ou s'il n'y a pas une scène electro. On aime simplement la musique dans son ensemble. Souvent, la musique la plus intéressante est produite avec des ordinateurs et des machines. C'est normal, ses producteurs ont tellement de possibilités. Les gens vraiment créatifs utilisent les machines parce qu'ils veulent essayer de produire quelque chose de plus intéressant que de simplement répéter les clichés du rock'n'roll.

Parlez-nous de votre collaboration avec Kraftwerk sur «Kissing The Machine»

Le titre a été écrit par Karl Bartos, un ancien membre du groupe allemand. L'original a été publié sur l'album solo de Karl, «Esperanto». Nous aimions tellement ce morceau. On s'est consulté au sein d'OMD pour savoir si ça faisait sens d'en faire une nouvelle version et de la sortir sur «English Electric» et ce même si les paroles ne collaient pas avec le concept du disque.

Quel est le lien entre OMD et Kraftwerk?

Le combo allemand nous a inspiré et nous a donné envie de faire de la musique. Durant les années 1970, on se disait la musique en général était barbante. Kraftwerk nous a prouvé qu'on pouvait faire de la musique avec rien. Ce groupe nous a ouvert les yeux. Mais attention, on ne le copie pas même s'il nous a fortement influencé. Personne ne peut rivaliser avec leur travaux. Nous avons rapidement créer notre propre style pour que Kraftwerk ne puisse pas le copier.

Comment est-ce possible d'être encore innovant en 2013?

C'est difficile. La musique commerciale vieillit. Comme toutes les autres formes de d'expressions créatives populaires. On est dans l'ère post moderne. Jusqu'à ce que la technologie évolue radicalement vers l'avant, nous sommes coincés pendant un certain temps encore dans nos références passées. Que ce soit dans la musique, dans l'art, dans le cinéma, dans la mode ou dans l'architecture.

C'est difficile. La musique commerciale vieillit. Comme toutes les autres formes de d'expressions créatives populaires. On est dans l'ère post moderne. Jusqu'à ce que la technologie évolue radicalement vers l'avant, nous sommes coincés pendant un certain temps encore dans nos références passées. Que ce soit dans la musique, dans l'art, dans le cinéma, dans la mode ou dans l'architecture.

Qu'est ce qui vous fait encore continuer?

Nous avons besoin de nous exprimer en créant. Il n'y a plus vraiment d'argent à se faire dans la musique à l'heure actuelle. On a l'impression d'être à nouveau des ados avec notre nouvelle liberté. Nous n'avons pas d'attentes. Pas besoin non plus de vendre quelque chose ou faire quelque chose qu'on nous impose. On fait ce qu'on veut. Mais il faut que nous soyons forts et honnêtes envers nous. En devenant vieux, on pourrait très bien avoir un comportement suffisant et flemmard. Pourtant, on a encore de la chance que les gens attendent de nous que nous produisions de la musique au plus haut niveau en combinant des concepts de beauté, de mélancolie et d'énergie. On ne s'autorise pas à contempler les ombres de notre gloire passée.

Prenez-vous quand même du plaisir à jouer vos vieux titres?

Beaucoup de nos anciens morceaux ont pris de la bouteille à nos yeux. On est toujours fiers de les jouer. Les bons titres ne meurent jamais.

Beaucoup de nos anciens morceaux ont pris de la bouteille à nos yeux. On est toujours fiers de les jouer. Les bons titres ne meurent jamais.

Que pensez-vous de notre pays?

On aime la Suisse et nous aimerions pouvoir y venir plus souvent.

Et le public ici?

Depuis le début de notre carrière, on est venu jouer dans plusieurs villes suisses. On a toujours reçu énormément de soutien de votre part. On espère simplement qu'un promoteur suisse daigne bien nous signer pour un concert cette année. Mais ce n'est malheureusement pas encore le cas.

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«English Electric»

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