Actualisé 03.03.2008 à 09:26

Les machines ultra-mobiles veulent se faire une place

Si la volonté des constructeurs informatiques de produire des ordinateurs portables toujours plus compacts et légers n'est pas nouvelle, la tendance aux modèles ultra-portables s'est confirmée ces derniers mois.

Mais les frontières de cette catégorie demeurent floues.

Pour illustrer les progrès réalisés en matière de compacité et de poids, il suffit de remonter à 1981, année durant laquelle est sorti le premier ordinateur à pouvoir être qualifié de portable. Mis sur le marché par la société américaine Osborne, cette machine, nommée Osborne 1, pesait 12 kilogrammes.

Elle embarquait un processeur Zilog Z80 cadencé à 4 megahertz (MHz), soit la puissance de calcul dont disposent les téléphones mobiles actuels. Désormais, la grande majorité des ordinateurs portables pèse de deux à trois kilogrammes et leurs performances n'ont pas à pâlir face à celles des PC de bureau, dont les ventes affichent une perte de vitesse.

Ainsi, si l'an passé en Suisse le nombre total d'ordinateurs écoulés a augmenté de 8,8% au regard de 2006 à un peu plus de 1,2 million d'unités, les portables ont particulièrement tiré leur épingle du jeu. Selon le consultant Robert Weiss, quelque 799 000 pièces ont trouvé acquéreur l'an passé, soit 23,1% de plus qu'en 2006.

Plus de portables

Pour la première fois, les ventes d'ordinateurs portables ont dépassé celles des machines de bureau, qui ont elles reculé de 4% à 649 000 pièces. Ces six dernières années, la part des machines mobiles au total est passée de 32 à 53,5%.

Alors que les constructeurs produisent des portables dotés d'écrans de 17 pouces, l'an passé a vu le terme d'ultra-mobile ou d'ultra-portable gagner en popularité. Lancé en 2006 par Microsoft et Intel, sous le nom de code Origami, le concept d'UMPC, pour Ultra Mobile PC, n'en na pas moins eu de la peine à décoller.

Pesant entre 500 et 800 grammes environ, les UMPC se distinguent des véritables ordinateurs portables par leur taille réduite, avec un écran tactile d'une diagonale de 7 pouces. Ils fonctionnent sous les systèmes d'exploitation Windows XP ou Vista de Microsoft et pour la plupart ne disposent pas d'un clavier physique, celui-ci se trouvant de manière virtuelle sur la dalle tactile.

Dotés de connexion sans fil, ces ultra portables ont toutefois souffert de la concurrence des téléphones portables, ces derniers n'ayant bientôt plus rien à envier aux UMPC. Des assauts qui se sont faits encore plus insistants avec entre autres l'irruption d'Apple sur ce marché avec son iPhone.

Regain d'intérêt

Toutefois, le segment UMPC connaît depuis quelques mois un sursaut avec la commercialisation d'un petit ordinateur portable low cost (moins de 500 francs), l'EEE PC du fabricant taïwanais Asus. Celui-ci peut se connecter à internet et réaliser des tâches bureautiques de base.

L'architecture de l'EEE PC vise à simplifier l'accès aux fonctions essentielles. Et son prix a été abaissé en renonçant au système d'exploitation de Microsoft. D'ailleurs certains spécialistes jugent la plupart des stations de travail surdimensionnées pour une utilisation courante.

Doté d'un véritable clavier, quoique de taille très réduite, ce subnotebook a probablement été lancé en réaction au XO-1, l'ordinateur à 100 dollars de l'organisation non lucrative One laptop per child (un ordinateur par enfant).

Si le défi de réaliser une machine à moins de 100 dollars, n'a pas pu être relevé, le prix du XO-1 étant de 188 dollars (204 francs), plusieurs pays ont annoncé leur participation au programme. Il s'agit entre autres du Mexique (50 000 exemplaires commandés), des Etats-Unis (15 000 unités pour la ville de Birmingham, en Alabama), du Pérou (270 000) et de l'Uruguay (100 000).

Brèche ouverte

Motivés par le succès de l'EEE PC, - 700 000 machines vendues l'an passé - les plus grands constructeurs commencent à s'intéresser au concept d'ultra-mobile. Ainsi, le premier fabricant du monde, HP, a annoncé un modèle équipé d'un écran de 8,9 pouces, d'une webcam, du Wi-Fi et pesant 1,2 kilogramme.

Reste que pour certains, ces ultra-portables manquent de confort pour une utilisation quotidienne, notamment en raison de la taille réduite de leur écran et clavier. Apple semble avoir pensé à eux en présentant en janvier dernier son interprétation du concept d'ultra- mobilité.

Misant sur un design épuré, la marque à la pomme a fait sensation avec son MacBook Air. D'un poids de 1,36 kilogrammes, cet ordinateur dispose d'un véritable clavier ainsi que d'un écran de 13,3 pouces, là où d'autres ultra-portables apparaissent plus limités.

La sensation est venue de la finesse de la machine: à peine 4 mm d'épaisseur à son point le plus fin et un maximum de 19,4 mm à l'endroit le plus épais. Mais ces avancées ont leur prix: le MacBook Air coûte ainsi plus de 2400 francs, le double d'un portable traditionnel. (ats)

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