Horaires spéciaux: Les magasins neuchâtelois s'unissent
Actualisé

Horaires spéciauxLes magasins neuchâtelois s'unissent

Face à la concurrence des cantons et pays voisins, les commerçants du canton ont pris des mesures.

La Place Pury à Neuchâtel.

La Place Pury à Neuchâtel.

Keystone/Image d'illustration

Les commerçants du canton de Neuchâtel fourbissent leurs armes pour les ventes de fin d'année, face à la concurrence des cantons et pays voisins ainsi que du commerce en ligne. Ils unifient leurs horaires spéciaux de décembre. Pour l'avenir, ils plaident pour un deuxième dimanche d'ouverture.

Cette année, les magasins du canton pourront ouvrir le dimanche 17 décembre entre 10h00 et 17h00. Et ils pourront prolonger jusqu'à 20h00 les vendredi 15 et samedi 23 décembre. Ces horaires spéciaux s'appliqueront surtout à Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds et Marin.

Les associations neuchâteloises de la branche se sont coordonnées pour améliorer l'offre dans le canton, afin de lutter contre la concurrence du tourisme d'achat et de l'e-commerce. A cet égard, les horaires élargis de décembre sont essentiels pour rester compétitifs, ont expliqué leurs représentants lundi devant la presse.

Les magasins neuchâtelois comptent non seulement limiter la fuite de clients dans les cantons limitrophes, mais aussi drainer des clients en provenance de ces cantons. Ils communiqueront donc aussi pour la première fois dans ces régions, en espérant toucher en particulier le nord vaudois, la Broye, le Jura et le Jura bernois.

Concurrence française

Le commerce de détail représente 6000 emplois dans le canton, soit 6% de la population active. Or ce secteur est en repli: «On a perdu 5% de nos emplois entre 2012 et 2015» et 7% des magasins ont fermé, a indiqué Grégoire Tissot, président du Groupement neuchâtelois des grands magasins (GNGM).

Aujourd'hui, un franc sur dix est dépensé en zone frontalière, rappelle Grégoire Tissot. Les clients qui vont en France sont prêts à faire de plus en plus de kilomètres, jusqu'à Besançon par exemple. Ils ne sont pas motivés que par les prix mais aussi par d'autres enseignes, produits, expériences et facilités d'achats.

Dans l'Hexagone, douze ouvertures dominicales par an sont autorisées. Les magasins de France voisine sont ouverts tous les dimanches de l'Avent, relève Fabrice Dellandrea, président de la Fédération neuchâteloise du commerce indépendant de détail (FNCID).

Les commerçants neuchâtelois, qui ne peuvent ouvrir qu'un seul dimanche par an, aimeraient donc en obtenir un deuxième. Ils soutiennent le projet de loi allant dans ce sens qui est défendu par le député au Grand Conseil Fabio Bongiovanni.

Neuchâtel est l'un des cantons les plus restrictifs, déplore Fabrice Dellandrea. La loi fédérale permet jusqu'à quatre dimanches par année. Sur 26 cantons, 20 autorisent au moins deux dimanches, dont le canton de Berne. Vaud, Fribourg et le Jura n'en autorisent aucun, mais certaines zones touristiques bénéficient d'exceptions.

Pas le 24 décembre

«L'idée n'est pas d'ouvrir tous azimuts», commente Grégoire Tissot. Mais l'ouverture dominicale de décembre répond à un besoin de la clientèle, vu l'affluence constatée depuis son entrée en vigueur, soit les trois dernières années.

Et de relever que cette journée n'est attribuée qu'aux employés volontaires. La plupart des commerçants n'ont d'ailleurs aucune peine à en trouver, vu les conditions offertes (notamment une majoration de salaire de 50%), ajoute Grégoire Tissot.

Les employés n'auront toutefois pas à travailler la veille de Noël. Les représentants du personnel et syndicats avaient pris les devants en demandant au Conseil d'Etat de ne pas fixer ce dimanche-là. Reste que «si on plaçait une caméra au Col-des-Roches le dimanche 24 décembre, on constaterait un flux incessant de véhicules vers la France», image Fabrice Dellandrea. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion