Actualisé 16.01.2015 à 18:22

France voisine

Les magasins vont-ils être pris d'assaut?

Dans les régions frontalières, la force du franc face à l'euro devrait inciter plus de gens à faire leurs courses dans les supermarchés et les magasins de France voisine samedi.

A Genève, les quelques rares responsables de grandes surfaces qui ont voulu répondre ne s'attendent toutefois pas à une déferlante. Migros, qui possède trois supermarchés en France, pense «qu'une réaction spontanée pourrait se faire sentir ce week-end». Certains clients supplémentaires résidant en Suisse devraient profiter de l'opportunité, mais ce mouvement de clientèle est difficilement quantifiable, a noté la porte-parole du distributeur Isabelle Vidon.

Un responsable d'un hypermarché d'une chaîne française va dans le même sens. «C'est évident que ça va booster samedi», a-t-il fait savoir, sans toutefois miser sur une affluence hors norme. A ses yeux, les clients ont des habitudes de consommation et ils ne vont pas acheter deux fois les mêmes articles.

Du côté des postes de douane, il n'est pas question de renforcer les contrôles simplement pour attraper d'éventuels fraudeurs qui, emportés par leur frénésie d'achats, importeraient de trop grandes quantités de viande ou d'alcool en Suisse. Les gardes-frontières centrent leurs efforts sur la grande criminalité et les gros trafics.

La CGN suspend la vente de billets en euros

La Compagnie générale de navigation sur le Léman (CGN) suspend momentanément la vente de titres de transport en euros. Impossible aussi d'utiliser des euros pour faire ses courses à la Migros à Lausanne pendant le week-end. Certains McDo, à Lausanne et à Neuchâtel, ont aussi décidé de refuser la monnaie européenne.

Dès l'annonce par la Banque nationale suisse (BNS) jeudi de l'abolition du taux plancher, la CGN a estimé que l'instabilité était trop grande et a suspendu la vente de billets en euros.

La mesure se veut provisoire. «Dès que le marché des changes sera stabilisé, un nouveau taux sera mis en place. Nous espérons qu'il interviendra au début de la semaine prochaine», écrit la compagnie dans un document à l'intention de ses clients.

Cette mesure touche près d'un client de la CGN sur cinq. En effet, l'an dernier, «environ 20% des personnes transportées ont payé leur billet ou leur abonnement en euros», a dit à l'ats un porte-parole de la compagnie.

Même chose à Migros Vaud. «Les clients ne peuvent pas payer en euros vendredi et samedi», a dit Aurélie Murris, du service de communication de Migros Vaud. Le taux de change sera adapté à 1:1 dès lundi. Migros Genève comme la plupart des autres succursales en Suisse continuent en revanche d'accepter la monnaie européenne, selon les porte-parole genevois et suisse.

La situation est similaire chez McDonald's. «Les restaurants sont libres. Certains ont choisi de refuser les euros momentanément, comme à Lausanne ou Neuchâtel», a expliqué à l'ats Aglaë Strachwitz, porte-parole de l'enseigne en Suisse.

(ats)

Comparaison conseillée

A Genève, il est toujours possible d'acheter son billet pour les Transports publics genevois (TPG) en euros, indique vendredi la régie publique. Dans les agences TPG, le taux de change a été adapté dès vendredi en fin de journée à 1:1. Il le sera également sur les distributeurs à partir de lundi matin. Les TPG pourraient modifier le taux en fonction de l'évolution du marché.

A la suite des adaptations du taux de change, il valait aussi la peine de comparer les prix des billets de trains aux automates de billets des CFF et des autres compagnies vendredi. Sur certaines lignes, payer en euros pour un même trajet pouvait s'avérer avantageux.

Un billet entre Jegensdorf (BE) et Zurich par exemple coûtait moins cher s'il était acheté sur les automates de la ligne régionale Berne-Soleure (RBS) que sur ceux des CFF.

Les 1450 automates des CFF et les 300 dont ils s'occupent pour d'autres compagnies ont déjà été adaptés au taux de 1:1 dans la nuit de jeudi à vendredi, a dit le porte-parole Christian Ginsig.

L'abandon du taux plancher pèse toujours sur la Bourse suisse

L'abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse (BNS) a encore fortement pesé sur la Bourse suisse vendredi.

L'indice des valeurs vedettes Swiss Market Index (SMI) a chuté de 5,96%, clôturant à 7899,59 points. Le SLI a reculé de 5,98% à 1147,18 points et le SPI 5,80% à 7804,32 points. Les trente blue chips ont tous fini dans le rouge.

La Bourse suisse a encore souffert de la décision de la BNS d'abandonner le taux plancher du franc face à l'euro et a nettement reculé vendredi. Les perspectives de nombreuses entreprises et celles de l'économie suisse en général se sont détériorées. On ne peut en tout cas pas encore dire que le marché ait trouvé un plancher, ont commenté des courtiers.

La plupart des autres places européennes ont connu une séance «normale»

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