Actualisé 11.08.2015 à 14:25

Hockey - KHLLes mains en or venues de Paris

Stéphane Da Costa n'a pas réussi à se faire sa place en NHL. Qu'importe, le joueur du CSKA Moscou régale aujourd'hui les foules dans le hockey russe.

von
Robin Carrel
Le Sentier

C'est l'histoire d'un mec, qui est parti de Paris pour devenir un des meilleurs hockeyeurs de Russie. Après avoir été dominant dans toutes les catégories inférieures où il s'est fait les dents en Amérique du Nord (NAHL, USHL, NCAA, AHL...), Da Costa a choisi la KHL pour s'affirmer au plus haut niveau. Et c'est peu dire qu'il a fait son trou. En 2014-2015, le Français a marqué 34 buts et offert 36 assists, en 57 parties, play-off compris.

«J'ai connu une bonne saison l'année dernière, les fans m'apprécient, le staff aussi... Je me sens bien et la ville est belle. Un peu grande pour moi», rigole l'international tricolore de 26 ans. Sa réussite dans la capitale russe lui a d'ailleurs permis de décrocher un nouveau contrat de deux ans auprès des stars Alexander Radulov, Denis Denisov, Simon Hjalmarsson et compagnie.

Clause dans le contrat

Pourtant, Da Costa a toujours une petite idée derrière la tête, lui qui est ressorti un peu frustré des rares chances qu'il a obtenues chez les Senators d'Ottawa, en NHL. «D'un côté, j'ai eu ma chance en Ligue nationale, mais d'un autre pas vraiment», explique-t-il à propos de son passage dans la capitale canadienne. Lui qui est réputé pour son habileté offensive s'est souvent retrouvé relégué sur des blocs défensifs. «Je ne tire pas un trait sur un retour en Amérique du Nord. J'ai une clause dans mon contrat qui dit que je peux y retourner après un an.»

Natif d'un pays où le hockey est loin derrière le rugby, le foot, le hand, le basket, le volley et quantité d'autres disciplines dans le coeur des fans, le binational franco-polonais est pourtant venu tout naturellement au hockey. Et pour cause, son appartement se situait à une centaine de mètres d'une patinoire et ses deux frangins plus âgés, Gabriel et Teddy, tâtaient déjà de la rondelle avant qu'il ne s'y mette également. «Je voulais faire du tennis au départ, mais il y avait quelque chose, je ne sais plus quoi, qui m'a empêché d'y aller... Mais j'y joue tous les étés et je ne suis pas mauvais», rigole-t-il.

Air de revanche

Eliminé en demi-finale de la Coupe Gagarine au printemps dernier par le futur vainqueur Ufa, le Français pense que sa troupe s'est améliorée pendant l'été: «Je ne prédis pas l'avenir, mais je pense en effet que l'on a une meilleur équipe, effectivement. On s'est renforcés un peu, notamment défensivement. Un peu à l'avant aussi... Honnêtement, je pense que ça va aller.»

Le joueur vient de passer sur le billard et a recommencé à patiner. Sera-t-il remis pour le début de la saison de KHL, prévu le 24 août prochain déjà? «Je ne sais pas, lâche-t-il à la Vallée de Joux, où son équipe s'est préparée pendant dix jours. Ca revient, je me sens un peu mieux, mais il y a encore quelques mouvements qui font mal. C'est embêtant, car j'ai envie de jouer.» Et avec les meilleurs, si possible.

«On attend plus de résultats de nous»

Dans un peu moins de deux ans, la France accueillera, conjointement avec l'Allemagne, le championnat du monde de hockey. Un événement qui tombe bien, car les «Bleus» sont sans doute plus forts que jamais. «On progresse beaucoup, confirme Da Costa. Tellement qu'on attend de nous plus de résultats! Je pense que, maintenant, on a le niveau pour faire de bons parcours aux mondiaux. Pas des quarts de finale tous les ans, mais proche de cela. Quand on voit tous les joueurs qui partent à l'étranger et qui se font leur place... Pas en 2e division en Suède, en Suisse ou en Allemagne, mais dans l'élite!» Seul soucis récurent: la faiblesse de la Ligue Magnus, le championnat français. «Pour le développement des jeunes, c'est vrai. Mais en partant à l'étranger, ils progressent davantage.» Lui qui a été recruté à 17 ans par une université américaine en est le parfait exemple.

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