Actualisé 24.06.2013 à 07:54

Suisse

Les managers restent très bien payés

Les salaires des dirigeants d'entreprises les mieux payés se sont stabilisés à un très haut niveau ces dernières années, selon une étude du syndicat Travail.Suisse.

L'an passé, ils ont même très fortement augmenté dans de nombreuses entreprises. De la sorte, les écarts salariaux se sont fortement creusés. Les géants pharmaceutiques bâlois Novartis et Roche ainsi que les deux grandes banques UBS et Credit Suisse figurent en tête de classement en considérant l'écart entre la rémunération la plus élevée et la plus basse offerte par l'entreprise, constate l'étude présentée lundi à Berne. Pour ces entreprises ce rapport a atteint 1:100.

Sur les 27 sociétés considérées, Roche présente l'écart le plus important, soit 1:124. Le numéro deux helvétique du commerce de détail Coop s'illustre comme le seul groupe pour lequel ce rapport est inférieur à 1:12.

L'étude s'inscrit dans le contexte de l'initiative populaire des Jeunes socialistes «1:12 - Pour des salaires équitables». Le texte, sur lequel le peuple suisse est appelé à se prononcer le 24 novembre prochain veut empêcher que dans une même entreprise, un employé gagne moins en un an que son patron en un mois. Le Conseil fédéral et le parlement recommandent de le rejeter.

Perte de confiance

Un point de vue que ne partage pas Travail.Suisse: «Une décennie de ruée vers les bonus du côté du monde feutré des étages supérieurs ont miné la confiance de la population dans l'économie et ses organisations», a déclaré le président du syndicat, Martin Flügel, selon le texte de son discours. Désormais, il s'agit de partager équitablement les fruits de la croissance.

Et les résultats de l'étude sont décevants, même si depuis 2009 les écart de salaires dans les entreprises payant le mieux leurs dirigeants ne se sont plus aussi fortement creusés qu'entre 2002 et 2008. Il n'en reste pas moins que dans la plupart des firmes examinées, les rémunérations des managers ont fortement augmenté l'an passé.

De plus, en comparant l'évolution salariale depuis 2002, il ressort que les traitements des managers d'entreprises telles que Lonza, Clariant, Kuoni, Georg Fischer et OC Oerlikon ont plus que doublé. Une croissance nettement supérieure que celle enregistrée par les rémunérations les plus basses.

L'envol des salaires des managers de ces entreprises est d'autant plus incompréhensible en considérant les modestes performances économiques qu'elles ont présentées ces dix dernières années. Cela démontre que «le laissez-faire ne représente pas une option», a poursuivi M. Flügel.

Partager le bien-être

La politique doit prendre ses responsabilités dans la question des écarts salariaux et trouver des réponses politiques. Le oui catégorique du peuple suisse à l'initiative Minder contre les salaires abusifs représente un signe évident de la grogne de la population.

«Un oui à l'initiative 1:12 est nécessaire», a dit M. Flügel. Juguler les salaires des managers constitue l'une des mesures qu'il faut prendre afin de partager le bien-être.

Il y a une semaine, Unia a présenté une étude aboutissant à des conclusions identiques à celle de Travail.Suisse. Le syndicat a lancé lundi passé sa campagne en faveur de l'initiative 1:12. (ats)

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