Thaïlande: Les manifestants augmentent la pression
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ThaïlandeLes manifestants augmentent la pression

Les manifestants réclamant la chute de la Première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra ont menacé de s'en prendre mercredi à son quartier général de crise.

Au lendemain d'affrontements qui ont fait cinq morts et des dizaines de blessés, la tension est montée encore d'un cran en Thaïlande. La flambée de violence de mardi a mis à mal les espoirs d'un apaisement d'une crise politique qui a fait, depuis l'automne, seize morts et des centaines de blessés, lors de fusillades ou d'explosions de grenades.

Mercredi, un convoi de camionnettes accompagné du son des sifflets, signe de reconnaissance des protestataires, s'est rendu dans la banlieue nord de Bangkok, devant un complexe du ministère de la Défense que la Première ministre Yingluck Shinawatra a utilisé ces dernières semaines en remplacement du siège du gouvernement, bloqué par les manifestants qui exigeant sa démission.

«C'est difficile d'accepter le fait que Yingluck a demandé (ndlr: à la police) de nous tuer et que, maintenant, elle se cache au Bureau du secrétaire permanent de la Défense. Nous allons le prendre d'assaut et la trouver», a promis le meneur du mouvement Suthep Thaugsuban.

Toutes les réunions ministérielles prévues mercredi dans le complexe ont été annulées, selon la porte-parole adjointe du gouvernement, Sunisa Lertpakawat.

Aucune intervention en vue

Mardi, de violents heurts avaient éclaté lors d'une opération de la police antiémeute pour reprendre certains sites occupés par les manifestants. Des scènes de chaos avaient suivi des explosions et des tirs dans un quartier du centre historique de Bangkok.

Cinq personnes, dont un policier, ont été tuées et plus de soixante ont été blessées, selon le dernier bilan du centre de secours Erawan.

Aucune nouvelle intervention des forces de l'ordre n'est prévue mercredi, a indiqué le chef du Conseil de sécurité nationale Paradorn Pattanatabut, assurant que l'opération de la veille n'était «pas un échec» pour les autorités.

Les manifestants, dont le nombre s'est nettement réduit ces dernières semaines, réclament, outre le départ de Yingluck Shinawatra, la fin de l'influence de son frère Thaksin, ancien Premier ministre renversé par un coup d'État en 2006 et accusé de tirer les ficelles de son lieu d'exil.

Depuis ce putsch, la Thaïlande connaît des crises politiques à répétition faisant descendre dans la rue tour à tour les ennemis et les partisans de Thaksin. Il reste le personnage à la fois le plus aimé et le plus haï du royaume. (ats)

Utilisation de la force interdite

La justice thaïlandaise a ordonné mercredi au gouvernement de ne pas utiliser la force contre les manifestants pacifiques, au lendemain d'affrontements meurtriers entre la police et les protestataires qui réclament la chute de la Première ministre.

La décision du tribunal civil de Bangkok risque de compliquer la tâche du gouvernement de Yingluck Shinawatra qui se débat avec une crise qui dure depuis plus de trois mois, bien qu'il ait déjà promis d'éviter toute violence contre les militants.

La cour, saisie par l'opposition qui contestait la légalité de l'état d'urgence de 60 jours en vigueur à Bangkok depuis le 22 janvier, a décidé de ne pas révoquer cette décision. Mais dans ce jugement complexe, elle a en revanche ordonné au gouvernement ne ne pas utiliser certaines provisions de l'état d'urgence, notamment l'interdiction de l'utilisation de certaines routes.

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