Actualisé 24.11.2008 à 19:41

Thaïlande

Les manifestants devant le Parlement pour la «confrontation finale»

Des milliers d'opposants anti-gouvernementaux sont descendus dans les rues de Bangkok lundi à l'occasion d'un rassemblement désigné par les manifestants comme la «confrontation finale» avec le gouvernement, qu'ils accusent de corruption.

Le Parlement a dû reporter une session conjointe de ses deux chambres, les manifestants ayant encerclé le bâtiment, et coupé l'électricité. Son porte-parole, Chai Chidchob, a déclaré que la session serait reprogrammée à une date ultérieure «quand la situation sera revenue à la normale».

En dépit des déclarations des manifestants selon lesquelles l'action de lundi serait leur «jour le plus long», l'un des chefs du groupe d'opposition organisateur du défilé, l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD), a appelé les protestataires à intensifier leurs efforts mardi.

«La journée de demain sera encore plus intense», a lancé Chamlong Srimuang, devant les bureaux du Premier ministre, occupés depuis fin août par les opposants qui en ont fait leur fief. «Nous vous demandons de bien dormir ce soir car vous en aurez besoin», a-t-il ajouté.

Les tensions politiques se sont réveillées depuis 2006, lorsqu'une campagne similaire de manifestations contre le Premier ministre de l'époque, Thaksin Shinawatra, avait mené à un coup de force militaire qui l'avait évincé au pouvoir. Le mouvement actuel de contestation vise à obliger le Premier ministre en place, Somchai Wongsawat, à démissionner, les manifestants l'accusant d'agir par procuration pour Thaksin Shinawatra, son beau-frère, actuellement en exil.

En outre, l'agence de planification de l'Etat a annoncé lundi que l'économie thaïlandaise avait enregistré la croissance la plus faible depuis trois ans au troisième trimestre 2008, frappée à la fois par la crise économique et par les tensions politiques.

«C'est la confrontation finale», a déclaré à la foule l'un des chefs de la contestation, Somsak Kosaisuk ajoutant: «ils ont volé le pays à tel point que nous ne pouvons plus le supporter. Je vous promets que ce sera bientôt fini».

Lors du rassemblement de lundi, la police anti-émeute, équipée de matraques et de boucliers de protection, a reculé chaque fois que les manifestants ont fait pression.

Lundi dans la soirée, le nombre de manifestants se montait à plusieurs milliers dans l'ancien aéroport international de Bangkok, où un groupe s'en est pris à un policier, le frappant au sol, jusqu'à ce qu'il soit secouru par ses collègues. L'aéroport abrite des locaux improvisés du gouvernement.

Le 7 octobre dernier, lors du dernier grand rassemblement anti-gouvernemental, les opposants avaient accusé la police d'être derrière une attaque à la grenade qui avait fait deux morts, près des bureaux du Premier ministre. Les autorité ont réfuté l'allégation.

Les partisans du PAD sont principalement des Thaïlandais de la classe moyenne qui estiment que le système électoral est sujet à la corruption par le biais de l'achat de voix, et que la majorité rurale, sur laquelle s'appuie le pouvoir du camp Thaksin, n'est pas assez éduquée pour aller aux urnes de manière responsable.

Ils proposent de remplacer le Parlement élu par un autre organe, dont les membres seraient pour la plupart désignés. Un changement qui selon ses détracteurs vise à mettre le pouvoir entre les mains d'une élite urbaine et cultivée. AP

sc/v241/lma (ap)

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