Actualisé 29.01.2011 à 11:19

Soulèvement en Egypte

Les manifestations reprennent au Caire

L'armée égyptienne, appelée en renfort de la police débordée par les manifestations, a pris position samedi aux principaux carrefours et près des bâtiments officiels.

Des milliers de manifestants se rassemblaient samedi matin dans le centre du Caire appelant à la démission du président Hosni Moubarak qui a pourtant promis la veille des réformes afin d'apaiser la gronde à travers l'Egypte.

La police, prise pour cible par les manifestants depuis mardi, était absente du centre-ville samedi matin.

«Moubarak va-t-en»

«Allahu Akbar!» (Dieu est le plus grand), «le peuple veut la chute du président», scandaient des centaines de manifestants samedi matin sur la place Tahrir dans le centre du Caire alors que des milliers d'autres affluaient dans ce secteur au coeur de la capitale égyptienne.

«Le président doit partir, c'est la seule chose que nous souhaitons. Moubarak doit simplement quitter le pouvoir. Ca fait trente ans qu'il est là, c'est assez», a déclaré Hassan, un manifestant d'une trentaine d'années. «L'Egypte devrait être une puissance industrielle et agricole mais nous sommes à la traîne. Ce n'est pas normal», a-t-il ajouté.

«Nous resterons dans la rue tant qu'il ne quittera pas le pouvoir, cela peut prendre un an ou deux ans, nous resterons», a renchéri Ali Barra, un jeune étudiant en médecine.

Des particuliers dégageaient la grande place du Caire de barrières en métal, d'autres tassaient les carcasses de voitures calcinées obstruant le passage dans le centre-ville qui ressemblait à un champ de bataille, avec le siège du parti présidentiel toujours en flammes depuis vendredi soir d'où s'échappait une épaisse fumée noire.

Rues prises d'assaut

Des centaines de milliers de personnes avaient pris d'assaut les rues des grandes villes du pays vendredi après la traditionnelle prière hebdomadaire, des émeutes sans précédent en Egypte, plus peuplé des pays arabes dirigé depuis trois décennies par Hosni Moubarak.

Quelques chars de l'armée étaient déployés sur la place Tahrir, mais des dizaines étaient alignés sur la corniche, en face de la télévision nationale.

Le président Hosni Moubarak, dont les manifestants demandent le départ, a promis dans la nuit la formation d'un nouveau gouvernement dès samedi.

«Son discours est une étape. Nous voulons plus de liberté, des réformes économiques et l'annulation des dernières élections législatives. Nous voulons être écoutés. Nous ne sommes pas des animaux, mais des humains», a lancé Mohamed Raban, un manifestant.

Un supermarché du géant français Carrefour a été pillé samedi à la périphérie du Caire, ont indiqué des témoins à l'AFP.

ElBaradei appelle Moubarak à se retirer

Le président égyptien Hosni Moubarak «doit partir», a déclaré samedi l'opposant le plus en vue, Mohamed ElBaradei, dans une déclaration à la chaîne satellitaire France 24. Les manifestations contre le régime se poursuivaient en Egypte.

«Je descendrai dans la rue aujourd'hui (samedi) avec mes collègues pour contribuer à apporter un changement (...) et pour dire au président Moubarak qu'il doit partir», a dit à France 24 M.'ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Jeudi, M. ElBaradei, prix Nobel de la paix en 2005 avec l'AIEA, s'était dit prêt à mener la transition en cas de départ du président Moubarak.

Le peuple défie le couvre-feu

(ats/afp)

Heurts violents à Ismaïliya

Des heurts violents ont éclaté samedi dans la grande ville d'Ismaïliya, sur le canal de Suez, entre les forces de l'ordre et des milliers de manifestants demandant le départ du président égyptien Hosni Moubarak, ont indiqué des témoins.

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