Crise financière: Les marchés boursiers continuent à miser sur un plan américain

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Crise financièreLes marchés boursiers continuent à miser sur un plan américain

L'onde de choc causée par le rejet par la Chambre des représentants américaine du plan de sauvetage du secteur financier s'est atténuée mardi sur les marchés boursiers européens.

Les observateurs parlent d'un phénomène technique après le plongeon survenu la veille. «On reprend un peu son souffle», relève Fernando Martins Da Silva, chef économiste à la Banque cantonale vaudoise (BCV), contacté par l'ATS. «Les investisseurs parient sur une nouvelle version du plan de sauvetage d'ici quelques jours.»

Les 23 voix d'avance (228 contre 205) du «non» lundi au plan du secrétaire au Trésor Henry Paulson ont ainsi été encaissées avec une relative sérénité. Il y a un besoin urgent, estime Fernando Martins Da Silva, pour qui les coûts futurs apparaîtront plus élevés si rien n'est entrepris par les pouvoirs publics.

Nécessaire mais pas suffisant

A ses yeux, il s'agit d'une «étape nécessaire mais pas suffisante» permettant aux banques d'adopter une attitude réciproque moins méfiante, en leur permettant de sortir leurs affaires «pourries». Ainsi, elles seront à nouveau à même de s'accorder des crédits et d'en octroyer à leurs clients.

Après seulement, le secteur devra affronter son énorme besoin de recapitalisation. L'expert de la BCV l'estime à quelque 400 milliards de dollars (près de 450 milliards de francs), 200 milliards aux Etats-Unis et 200 milliards en Europe. L'UBS s'est par exemple déjà recapitalisée à hauteur de 28 milliards de francs.

Ce financement devra intervenir dans les 12-24 mois, selon Fernando Martins Da Silva. A la suite de la crise provoquée par le crédit immobilier à risque, les banques devront affronter, aux Etats-Unis notamment, leurs besoins en amortissements issus du crédit à la consommation et du crédit industriel.

Bourse suisse et Paris dans le vert

Au niveau boursier, les places européennes ont réagi de manière différenciée mardi. Si la Bourse suisse prenait 1% sur le coup de 12 h 30, à l'instar de Paris mais dans une mesure moindre (+0,3%), Londres reculait légèrement, tandis que Francfort affichait une baisse de près de 0,9%.

Lundi soir à Wall Street, le Dow Jones, plus durement touché qu'après les attentats du 11 septembre 2001, a perdu 6,98%, soit une perte journalière jamais vue approchant les 800 points, et le Nasdaq 9,14%. En Asie, si Tokyo a chuté de 4,12% dans le sillage de New York, les autres places ont davantage résisté. (ats)

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