Devises: Les marchés plient en Asie après le départ de Renzi

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DevisesLes marchés plient en Asie après le départ de Renzi

L'euro est tombé au plus bas depuis 20 mois lundi après la victoire massive du non au référendum italien.

Les marchés asiatiques sont plombées par le soubresaut politique en Italie.

Les marchés asiatiques sont plombées par le soubresaut politique en Italie.

AFP

Dès la diffusion des sondages réalisés à la sortie des urnes, donnant le «non» à près de 60% des voix, la monnaie unique a décroché, touchant 1,0506 dollar autour de 1h20 (heure suisse), contre 1,0664 vendredi à New York.

Il s'agit du niveau le plus faible depuis mars 2015: l'euro était alors tombé à 1,0458 dollar.

L'euro résistait cependant par la suite, oscillant autour de 1,0545 dollar vers 5h30 heure suisse, signe que pour l'heure les cambistes ne cédaient pas à l'affolement. «Si le référendum est rejeté, ce ne sera pas la fin du monde», avait commenté Fabio Fois, économiste chez Barclays basé à Londres, interrogé avant le vote par l'agence Bloomberg News.

Dans le même temps, le yen, valeur refuge, se renforçait. Le dollar glissait à 112,88 yens aux premières heures de la matinée à Tokyo, contre 113,51 yens vendredi, avant de remonter.

A l'unisson, la Bourse de Tokyo se repliait (-0,64% à la pause déjeuner pour l'indice vedette Nikkei). Ailleurs dans la région, Hong Kong (-0,20%), Séoul (-0,20%) et Sydney (-0,94%) évoluaient aussi dans le rouge.

Rejet massif

Les Italiens ont massivement rejeté dimanche la réforme constitutionnelle qui prévoyait essentiellement de réduire les pouvoirs du Sénat, doté actuellement des mêmes pouvoirs que la Chambre des députés, ainsi que de limiter les attributions des régions et de supprimer les 110 provinces.

Matteo Renzi, 41 ans, arrivé au pouvoir en février 2014 sur un programme de réformes, a aussitôt pris la parole et annoncé sa démission, tirant les conséquences d'un référendum sur lequel il s'était totalement engagé.

Le mouvement Cinq Etoiles (M5S), populiste et anti-système, ambitionne désormais ouvertement de prendre le pouvoir.

Cette décision ouvre une période d'incertitudes pour l'économie italienne qui reste à la traîne en Europe, avec un secteur bancaire éreinté par la crise financière et criblé de créances douteuses. Des craintes de faillite ressurgissent régulièrement.

«Le Premier ministre Renzi était clairement un dirigeant réformiste, sa défaite face aux forces populistes est source d'inquiétudes pour l'ensemble de l'Europe», a estimé Yunosuke Ikeda, chargé des changes chez Nomura Securities.

«Toutefois, ce résultat était attendu, ce n'est pas une surprise au sens de ce qui s'est passé au moment du Brexit ou de la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis (en novembre)», a-t-il ajouté.

Marchés soulagés par l'Autriche

En outre, les marchés ont pu être soulagés par l'échec de l'extrême droite autrichienne qui a perdu dimanche son pari de décrocher la présidence de la République sur fond de poussée populiste en Europe. Son candidat Norbert Hofer a essuyé, selon les projections, une nette défaite face à l'écologiste Alexander Van der Bellen.

Si l'impact restait limité en Asie, la réaction des places financières européennes, en particulier du marché obligataire italien, sera suivie avec attention.

La Banque centrale européenne (BCE), qui tient jeudi sa dernière réunion de politique monétaire de l'année, pourrait accélérer ses achats d'actifs en cas de besoin pour calmer les marchés.

A plus long terme, «la perspective d'élections aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, en Italie va maintenir l'euro sous pression. Il pourrait reculer à 1,02 dollar en janvier-mars», pronostique Daisuke Karakama, économiste en chef chez Mizuho Bank, cité par Bloomberg, d'autres prédisant même la parité, un seuil inédit depuis 2002. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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