Bourses européennes: Les marchés sonnés par le PIB allemand
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Bourses européennesLes marchés sonnés par le PIB allemand

Les Bourses européennes accusaient le coup mardi après les mauvais chiffres de la croissance en Allemagne. Ils misaient encore sur le mini-sommet Sarkozy-Merkel pour enrayer la crise de confiance qui ébranle la zone euro.

«C'est peut-être une journée charnière pour les marchés», pronostique Yves Marçais, analyste chez Global Equities.

Après avoir regagné du terrain lundi, les Bourses européennes ont été sonnées par les mauvaises nouvelles venues notamment d'outre- Rhin. Locomotive de la zone euro, l'Allemagne a vu sa croissance ralentir brutalement au deuxième trimestre pour atteindre seulement 0,1%.

Les produits intérieurs bruts (PIB) espagnol et néérlandais ont connu un sort similaire sur la même période, ne progressant respectivement que de 0,2% et 0,1%, sur fond de crise de la dette.

Du coup, les Bourses européennes replongeaient mardi matin après une séance en dents de scie sur les marchés asiatiques ( 0,23% à Tokyo, -0,24% à Hong Kong). A 12h10, Francfort cédait 2,30%, Paris 1,50%, Madrid 1,66% et Londres 0,85%, alors que la Bourse de New York avait clôturé en forte hausse lundi, le Dow Jones gagnant 1,90%. A la Bourse suisse, le SMI reculait pour sa part de 0,52%.

Plombé par ce climat, l'euro reculait légèrement face au billet vert et s'établissait à 1,4386 dollar. Face au franc, il reculait également, s'échangeant à 12h48 à 1,1225 franc.

«L'Allemagne c'est le pilier de l'Europe, si on le voit lui aussi s'affaiblir, ça peut devenir très inquiétant», poursuivait M. Marçais.

Deuxième économie de la zone euro, la France ne se porte pas mieux. Son PIB a stagné au deuxième trimestre et, selon le quotidien «Les Echos» publié mardi qui cite l'entourage du président Nicolas Sarkozy, les prévisions officielles de croissance de l'Hexagone devront «vraisemblablement» être revues à la baisse.

Sommet attendu

Dans ce contexte, le sommet prévu à 16h00 à Paris entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel et consacré à la gouvernance économique de la zone euro n'en est que plus attendu.

L'Allemagne a prévenu lundi qu'il ne fallait pas espérer de «résultats spectaculaires» et que la question des euro-obligations, réclamées en choeur par certains dirigeants européens, ne figurait notamment pas à l'ordre du jour.

De son côté, l'Elysée a fait savoir que la réunion, qui sera précédé d'une rencontre entre le chef de l'Etat et le Premier ministre François Fillon, devait déboucher sur de simples «propositions communes concernant la réforme de la gouvernance de la zone euro» qui seront ensuite soumises à Herman Van Rompuy, le président de l'Union.

Malgré ces mises en garde, les investisseurs veulent encore croire à l'utilité de ce mini-sommet pour apporter la preuve de la cohésion entre les deux moteurs de la zone euro.

Avant leur rencontre à l'Elysée et leur conférence de presse, M. Sarkozy et Mme Merkel auront pu prendre connaissance des conseils prodigués aux pays développés par la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

Dans une tribune publiée lundi par le «Financial Times», Christine Lagarde exhorte les gouvernements à éviter que le rééquilibrage budgétaire ne «bloque la reprise mondiale», à l'heure où de nombreux pays ont engagé de sévères plans d'austérité. (afp)

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