Actualisé 27.10.2008 à 17:33

Crise économiqueLes marchés toujours plombés par la conjoncture

Les marchés boursiers, orientés à la baisse, sont restés plombés lundi par la crise économique mondiale et les ventes des fonds spéculatifs.

Ils attendent fébrilement une cascade de résultats d'entreprises et d'indicateurs économiques cette semaine.

Après une dégringolade des Bourses en Asie, New York a débuté la semaine sur une note plus favorable: vers 18h15 (heure suisse) le Dow Jones progressait de 1,43%.

Les marchés européens ont eux une nouvelle fois souffert: la Bourse suisse a perdu 3,07%, Paris 3,96%. Londres a limité les dégâts (-0,79%). Seul Francfort a tiré son épingle du jeu en clôturant sur une hausse de 0,91%, entraînée par l'envolée inédite de l'action Volkswagen (&200%).

Plongeon de l'euro

La nervosité touchait aussi le marché des changes: l'euro est passé sous les 1,24 dollar à Londres. Le franc a même atteint un plus haut niveau historique face à la monnaie unique européenne, qui valait durant la matinée à un peu plus de 1,43 franc. Le yen se retrouve lui au plus haut depuis 13 ans face au dollar.

La Réserve fédérale américaine devrait encore abaisser son taux directeur mercredi. La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre pourraient lui emboîter le pas.

Panique en Asie

En Asie, la Bourse de Tokyo s'est effondré de 6,36% en clôture, tombant au plus bas depuis 26 ans. La Bourse de Hong Kong a chuté de 12,7% et Shanghai de 6,32%.

Les marchés n'ont pas semblé rassurés par l'intention du gouvernement japonais de multiplier par cinq, jusqu'à 110 milliards de dollars, les montants injectés dans les banques en difficulté et de lancer un nouveau train de mesures anti-crise. La Banque centrale de Corée du Sud a elle décidé une baisse record de son taux directeur de 75 points à 4,25% afin de protéger son économie.

Hausse de capital de Mitsubishi

Du coté des banques, le premier établissement japonais Mitsubishi UFJ Financial Group a annoncé une prochaine augmentation de capital qui pourrait atteindre 8 milliards d'euros. En Europe, l'Etat belge va injecter 3,5 milliards d'euros pour soutenir KBC, seule grande banque en Belgique qui n'avait pas encore bénéficié d'aide.

En Allemagne, la Postbank a annoncé une augmentation de capital d'urgence d'un montant maximal d'un milliard d'euros par sa maison mère Deutsche Post.

Remèdes de Sarkozy et Brown

Au niveau politique, le président français Nicolas Sarkozy doit présenter mardi une panoplie de mesures destinées à amortir les effets de la crise financière sur l'emploi. Le premier ministre britannique Gordon Brown a défendu lundi le principe d'une hausse de la dette publique pour soutenir l'économie.

Jeudi, sera publiée la première estimation du produit intérieur brut (PIB) américain au troisième trimestre, attendu en recul. En Allemagne, le climat des affaires mesuré par le baromètre de confiance Ifo a chuté à son plus bas niveau depuis mai 2003.

Le pétrole toujours à la traîne

Signe du ralentissement économique, le prix du pétrole, en recul, est tombé brièvement sous la barre des 60 dollars à Londres, bien loin de son record de 147 dollars en juillet. Il est resté sous les 64 dollars, malgré l'annonce d'une baisse de production de l'Opep vendredi.

A l'affût de tous les signes de détérioration de la conjoncture, les marchés surveillent de près les résultats d'entreprises publiés cette semaine. Lundi, l'opérateur téléphonique américain Verizon a communiqué des prévisions conformes à ses attentes et des bénéfices en hausse au troisième trimestre.

Aide à la Hongrie

Les pays émergents ne sont plus épargnés par la tourmente. Dix pays d'Amérique latine se réunissaient lundi à Brasilia pour discuter d'actions concertées face à la crise.

Le Fonds monétaire international (FMI) est déjà entré en action. Il a annoncé dimanche soir une aide «substantielle» à la Hongrie, quelques heures après l'octroi d'un prêt de 16,5 milliards de dollars à l'Ukraine conditionné par l'adoption d'un programme anti- crise. (ats)

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