Les Marines se préparent à une bataille «différente»
Actualisé

Les Marines se préparent à une bataille «différente»

Les 2200 Marines appelés en renfort dans le sud afghan au printemps, aux côtés des troupes de l'OTAN, ont adapté leur entraînement au combat contre les talibans.

Cette bataille s'annonce «différente» de celle menée par la plupart d'entre eux en Irak.

Après avoir appelé en vain les alliés de l'Alliance à envoyer plus de troupes en Afghanistan, le Pentagone a donné l'ordre mi- janvier à la 24e unité expéditionnaire de Marines, basée à Camp Lejeune (Caroline du nord) de s'y déployer en mars, en prévision d'une offensive de printemps des talibans.

En conséquence, et malgré l'urgence, l'entraînement a subi des adaptations à ce nouvel environnement.

«On s'attend à un style de combat différent» de l'Irak, confie le capitaine David Lee, responsable d'une unité de reconnaissance.

«En Irak, l'ennemi nous attaquait essentiellement avec des engins explosifs de fabrication artisanale (Improvised Explosive Device, IED), il se cachait», alors qu'»en Afghanistan, les talibans vont venir nous tirer dessus, provoquer une confrontation armée. Nous n'avons pas beaucoup eu affaire à ça la dernière fois que j'étais en Irak», en 2007, dit-il.

«Les fondamentaux de l'entraînement restent les mêmes: préparation physique, patrouille, tir... Mais au cours des deux derniers mois, on a plus travaillé sur l'appui aérien (aux troupes au sol) le tir de couverture et les armes d'appui», souligne-t-il, tout en supervisant la session de tir d'une quinzaine de Marines, qui visent à l'aide de leur fusil d'assaut M4 des cibles posées à 500 mètres de distance.

Outre les exercices de combat, les soldats ont reçu des cours de langue afghane. Le vocabulaire? «On nous a appris à dire 'je vais fouiller votre maison'», glisse un jeune Marine.

«Sur le plan de l'entraînement, vous aimeriez toujours avoir plus de temps. Mais nous sommes parfaitement prêts», a assuré à l'AFP son commandant, le colonel Peter Petronzio, dans son bureau de Camp Lejeune où les sacs dispersés par terre témoignent de son prochain départ.

«Jusqu'à 2500 hommes» prévus

«Nous devons être prêts à partir n'importe où, que ce soit au Liban, en Irak ou en Afghanistan», en terrain montagneux ou désertique, fait valoir l'officier, 24 ans de carrière dans les Marines, alors que ses hommes pourraient être amenés à quitter le sud pour l'est, en fonction des besoins de la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN.

«Tout ce que nous faisons est centré sur la contre-insurrection. C'est la guerre à laquelle nous avons à faire maintenant, nous l'avons réalisé il y a quatre ou cinq ans» en Irak, dit-il.

Après évaluation de ses besoins, l'état-major a décidé d'emmener «jusqu'à 2500 hommes» au lieu des 2200 prévus, ainsi qu'»une vingtaine d'hélicoptères» - d'assaut CH-46, de transport lourd CH- 53, de transport UH-1N et de combat AH-1W/Supercobra.

Un sérieux coup de pouce pour les troupes de l'OTAN sur place, qui réclament depuis des mois renforts et hélicoptères, alors que l'Afghanistan a connu en 2007 son année la plus meurtrière en six ans de guerre.

Critique

Les Marines doivent épauler les Canadiens, les Britanniques et les Néerlandais déployés dans le sud, où ont lieu les combats les plus violents.

Alors que le chef du Pentagone avait provoqué en janvier l'indignation des alliés en critiquant dans la presse les insuffisances de ces pays en matière de lutte anti-guérilla, le colonel Petronzio a le souci d'apaiser les esprits.

«Nous n'allons pas là-bas pour donner des leçons, en pensant qu'on est les meilleurs. On va là-bas pour aider», promet-il. «Je suis sûr que nous travaillerons bien ensemble. Ces pays ont de bons soldats», dit-il aussi. (ats)

Ton opinion