Actualisé 07.10.2010 à 16:02

Expérience à l'écoleLes maths, la dictée et la gym avec son iPhone

Une classe alémanique utilise l'iPhone durant les cours, à titre d'expérience. Ecoliers, enseignants et parents sont enchantés. Les anti-Apple sont furieux.

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Pour beaucoup de jeunes entre 12 et 15 ans, comme ici en Asie, l'iPhone fait déjà partie du quotidien. Il est maintenant testé à l'école en Suisse alémanique avec des élèves de 11 ans.

Pour beaucoup de jeunes entre 12 et 15 ans, comme ici en Asie, l'iPhone fait déjà partie du quotidien. Il est maintenant testé à l'école en Suisse alémanique avec des élèves de 11 ans.

Ce que beaucoup de profs considèrent comme un cauchemar est une réalité dans le canton de Schwytz. A Goldau, une classe d'élèves de 11 ans utilise depuis une année l'iPhone pour apprendre les maths, l'orthographe ou le français. Cette expérience, limitée à deux ans, est une première européenne, à en croire la Haute école pédagogique de Suisse centrale (Pädagogische Hochschule Zentralschweiz), initiatrice du projet.

«Les élèves utilisent par exemple l'iPhone pour apprendre le français. Ils entendent la prononciation correcte sur l'appareil et répètent ensuite à voix haute. En plus, ils peuvent ainsi préparer leurs devoirs en chemin, à la maison ou en vacances», explique Beat Döbeli, responsable du projet, dans les colonnes du Tages Anzeiger. Autre avantage selon lui, la dictée, exercice difficile que beaucoup d'élèves étrangers ne peuvent répéter avec leurs parents. L'iphone serait là aussi une excellente alternative. Encore un exemple? La gymnastique, avec des exercices d'orientation dans la nature, l'iPhone à la main, GPS activé.

Projet sponsorisé

Elèves, enseignants et la plupart des parents accueillent l'expérience favorablement. Mais les critiques existent. Premier reproche, la non-maîtrise des coûts. Le projet est soutenu par Swisscom, qui offre pendant la durée de l'expérience, un iPhone à chaque élève, sans limitation de coûts. Les milieux de prévention de l'endettement y voient là un moyen de voiler la réalité aux jeunes, en leur donnant l'impression que tout est gratuit. Faux, répondent les responsables du projet: l'enseignant rend régulièrement ses élèves attentifs à cet aspect.

Autre critique: l'accès aux pages pornographiques n'est pas bloqué. «Les élèves ont conclu un contrat de confiance avec nous», précise un enseignant. «On leur a dit qu'il était interdit de surfer sur des sites pornographiques. Je pense que la plupart s'y tiennent. De toutes façons, ceux qui veulent voir ce genre de sites peuvent le faire ailleurs. Et il faut accepter que dans quelques années, la plupart des élèves de cet âge auront un iPhone.»

Dernières critiques, récurrentes: les anti-Apple dénoncent la place que prend l'iPhone dans la vie quotidienne, et les anti-téléphones portables s'inquiètent de l'effet des ondes sur les élèves.

Le bilan intermédiaire de l'expérience ne permet pas de montrer que le smartphone améliore ou non les performances scolaires. Les initiants y voient plutôt l'occasion d'intégrer dans l'enseignement un appareil qui, de toutes façons, à leurs yeux, va faire partie un jour ou l'autre du quotidien des élèves.

La réaction de Christian Berger, secrétaire général de la conférence intercantonale des directeurs de l'instruction publique romande

«En suisse romande, personne ne s'est posé la question, il n'y pas de politique générale concernant l'iPhone. C'est l'établissement qui a la compétence de choisir ses supports pédagogiques, comme avec les ordinateurs pour les cours d'informatique. A mon avis il s'agit plus d'une opération commerciale que d'un vrai concept pédagogique.»

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