Santé: Les médecins veulent sauver leurs petits laboratoires
Actualisé

SantéLes médecins veulent sauver leurs petits laboratoires

La FMH rejette la révision de la liste des analyses concoctée par l'OFSP. La disparition des laboratoires de cabinet représente un risque pour la santé publique.

La Fédération des médecins suisse (FMH) veut sauver les petits laboratoires exploités dans les cabinets médicaux.Elle rejette donc la révision de la liste des analyses proposée par «Berne» car elle leur accorde une rémunération beaucoup moins élevée que celle des grands laboratoires. En lieu et place, la FMH propose son propre modèle, basé sur des critères d'économie d'entreprise et baptisé «Point-of-Care Tarif».

Le projet de révision de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) est inacceptable pour la FMH car «les quelque 7.500 laboratoires de cabinet existants ne pourraient plus couvrir leurs frais et de nombreux médecins devraient envisager de fermer leur laboratoire». Or à l'heure actuelle déjà, seulement 30% d'entre eux couvrent leurs frais, a expliqué la FMH dans une prise position publiée jeudi à Berne. Le projet aurait donc «des conséquences désastreuses pour les patients, notamment dans les régions rurales; la sécurité et la qualité des soins médicaux s'en trouveraient nettement diminuées».

Le laboratoire de cabinet permet en effet au médecin de vérifier immédiatement un diagnostic présumé, «et ce de manière sûre et moyennant des frais minimaux». La FMH y voit un «outil d'une importance cruciale» dans toute une série de cas d'urgence, par exemple pour des soupçons de thrombose, d'infection bactérienne grave, d'embolie pulmonaire ou d'infarctus du myocarde. Dans ces cas, il est indispensable de commencer immédiatement le traitement approprié afin de ne pas mettre en danger la vie du patient.

Disparités inexplicables

Le projet de l'OFSP repose sur une méthode qui n'a pas été publiée et aboutit à des différences de prix de un à trois pour certaines analyses. Anton Prantl, président de la direction de la Caisse des médecins, en veut pour preuve les tarifs prévus pour une des analyses les plus fréquentes: le test CRP. Facturé aujourd'hui 10,80 francs, il passerait à 9 francs. Or, les grands laboratoires pourraient y ajouter une taxe de base de 24 francs.

L'OFSP a annoncé que le projet de révision doit permettre de réduire les prix des analyses de laboratoires de 20% à 25%. Or, selon les calculs de la FMH, la baisse pourrait aller jusqu'à 36%. La FMH critique non seulement le manque de transparence du projet mais se déclare convaincue que ces mesures d'économies vont manquer leur objectif. Si les analyses ne sont plus réalisées dans les cabinets médicaux, des consultations supplémentaires seront nécessaires pour prescrire des traitements avec les problèmes et les risques qui en découlent. La FMH propose donc son propre modèle qui tient compte des conditions spécifiques des laboratoires de cabinet, contrairement au projet de l'OFSP. (ap)

Ton opinion