Votations du 13 février - «Les médias ont été un point d’ancrage important pendant la pandémie»
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Votations du 13 février«Les médias ont été un point d’ancrage important pendant la pandémie»

Dans une interview, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga parle de «fake news», de l’importance des médias locaux et dévoile quelle est sa lecture préférée.

par
Claudia Blumer/ofu
Tamedia.

Madame la conseillère fédérale, quel est votre journal préféré?

Je suis plutôt radio. Le matin, j’écoute la radio. Plus tard dans la journée, je lis le «Bund» et la «Berner Zeitung», qui sont les journaux de ma région. Le week-end, j’aime lire le journal sur ma tablette.

Lisez-vous aussi «20 minuten»?

Bien sûr que oui. Chaque fois que je prends le train ou le tram, je lis «20 Minuten».

Les sondages prédisent le rejet de loi sur les médias. Vous attendez-vous à une défaite?

Si la population est consciente qu’elle est elle-même fortement concernée, alors le projet a une chance de passer. Nos journaux et nos radios sont affaiblis parce que l’argent de la publicité est transféré vers des groupes Internet étrangers. Si nous ne parvenons pas à soutenir rapidement les médias locaux, nous risquons d’en voir disparaître davantage. Certaines régions ne seront alors plus du tout couvertes par les médias.

Il est difficile de faire passer une nouvelle subvention…

Il ne s’agit pas d’une nouvelle subvention. L’aide aux journaux existe depuis 170 ans, en premier lieu pour les petits médias locaux. Ce sont eux qui souffrent le plus et ce sont eux qui seraient le plus soutenus par le paquet de mesures. L’enjeu, ce sont notamment les reportages faits sur le terrain. Ceux traitant de l’école du village ou de l’hôpital régional. Si les médias locaux n’existent plus, l’information locale fait défaut. Google et Facebook ne parlent pas de l’Entlebuch (LU) ou de Willisau (LU).

«20 Minuten» / «20 minutes» touchent un très grand nombre de personnes et sont importants pour la formation de l’opinion, mais ne seraient pas directement soutenus en tant que journaux gratuits. C’est injuste.
Le modèle approuvé d’aide à la presse sera maintenu: jusqu’à présent, les journaux en abonnement bénéficiaient d’une aide à la distribution. À l’avenir, les médias en ligne avec abonnement seront également soutenus. Mais «20 Minuten» / «20 minutes» ne repartent pas les mains vides. La formation des journalistes, les prestations des agences et les infrastructures numériques innovantes seront également soutenues.

Les médias sont-ils encore suffisamment critiques envers l’État lorsqu’ils sont subventionnés?

C’est prouvé depuis longtemps. Les médias sont soutenus en Suisse depuis 170 ans, depuis la création de l’État fédéral.

Mais pas par le biais de paiements directs.

Ce projet renforce l’indépendance des médias. Car des médias forts disposant de ressources suffisantes sont plus indépendants vis-à-vis des annonceurs et des financiers. De plus, le modèle de soutien est très proche du marché. Sont soutenus ceux qui ont un lectorat prêt à payer.

Les «fake news» ont marqué la couverture médiatique de la crise du coronavirus. Selon vous, cela a-t-il nui aux médias?

Bien au contraire. J’ai constaté que pendant de cette pandémie, de nombreuses personnes étaient heureuses de pouvoir compter sur des journaux et des radios locaux qui enquêtaient, classaient et présentaient différents points de vue. Les médias ont été un point d’ancrage important, en particulier pendant la pandémie.

Loi fédérale sur un train de mesures en faveur des médias

Le paquet de mesures d’aide aux médias porte sur une durée de sept ans, et propose d’ajouter 151 millions de francs par an aux aides déjà existantes, soit 136 millions par an. L’objet prévoit notamment que la Confédération prenne en charge une partie du coût de la distribution de la presse par la Poste, plus importante qu’actuellement. L’objet prévoit aussi un soutien direct aux médias payants en ligne. Cliquez sur ce lien pour en savoir davantage sur la «loi fédérale sur un train de mesures en faveur des médias».


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