Actualisé 24.11.2009 à 14:07

île de MindanaoLes médias philippins expriment leur indignation après la tuerie

Les médias philippins, sous le choc après la mort d'au moins 12 journalistes tués par des hommes armés dans le sud des Philippines, ont exprimé mardi leur indignation et demandé des explications aux autorités.

Au moins 12 journalistes, selon la presse, figurent parmi 46 personnes abattues par des hommes armés, dans le cadre d'un règlement de comptes entre hommes politiques rivaux, dans la province de Maguindanao, sur l'île de Mindanao.

La police a mis au jour 26 corps mardi dans des fosses communes, alors que 22 autres cadavres avaient été découverts lundi.

Les journalistes accompagnaient l'épouse d'un candidat au poste de gouverneur de la province. Les victimes ont été abattues, selon des proches et l'armée, par des hommes armés à la solde du gouverneur actuel qui voulait ainsi empêcher son rival de se présenter.

«Je ne sais pas comment qualifier ce que les meurtriers ont fait. C'est un acte barbare», a dit à l'AFP Jay Sonza, responsable de la chaîne de télévision locale UNTV, dont deux journalistes ont été tués et deux autres sont portés disparus.

«Ce genre de choses ne peut pas se produire dans un pays qui se dit démocratique», a-t-il ajouté.

«Nous sommes profondément attristés et nous dénonçons cette attaque contre la liberté de la presse», a réagi dans un communiqué le journal Manila Bulletin, l'un des premiers quotidiens du pays, dont un des journalistes, Bong Reblando, père de sept enfants, figure également parmi les victimes.

«Nous appelons les autorités concernées, la police et nos responsables politiques, à faire toute la lumière sur cet incident et à s'assurer que justice soit faite», a demandé le journal.

La plupart des journalistes tués venaient de la ville de General Santos. Les journalistes locaux, étaient restés à l'écart craignant un éventuel recours à la violence du clan du gouverneur en place, Andal Ampatuan.

«Jamais dans l'histoire de du journalisme, les médias n'avaient subi de telles pertes en une seule journée», a déclaré Clothilde Le Coz, directrice aux Etats-Unis de l'organisation de défense de la liberté de la presse, Reporters sans Frontières (RSF).

L'Alliance de la presse d'Asie du Sud-Est a rappelé que les Philippines présentaient l'un des plus lourds bilans au monde de journalistes tués «même avant cet odieux acte barbare».

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), une organisation de défense de la presse installée à New York, les Philippines sont le 4e pays le plus dangereux au monde pour les journalistes. Au nombre de journalistes tués, les Philippines côtoient la Somalie, l'Irak et le Pakistan, selon le CPJ. (afp)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!