23.09.2020 à 18:55

Liberté de presseLes médias s’unissent pour soutenir Charlie Hebdo

Une centaine de médias publient mercredi une lettre ouverte appelant les Français à se mobiliser en faveur de la liberté d’expression

Le 7 janvier 2015, des djihadistes avaient attaqué la rédaction de Charlie Hebdo (archives).

Le 7 janvier 2015, des djihadistes avaient attaqué la rédaction de Charlie Hebdo (archives).

KEYSTONE

Journaux, magazines, chaînes de télévision et radios: près d’une centaine de médias publient mercredi une lettre ouverte appelant les Français à se mobiliser en faveur de la liberté d’expression, en soutien à Charlie Hebdo, objet de nouvelles menaces.

L’hebdomadaire satirique a décidé de republier les caricatures de Mahomet, qui en avaient fait une cible des djihadistes, à la veille de l’ouverture du procès de l’attentat qui avait décimé sa rédaction en janvier 2015.

Une réédition saluée par certains, qui lui a aussi valu de nouvelles menaces notamment de la part de l’organisation djihadiste Al-Qaïda et la condamnation de quelques pays musulmans.

Nouvelles menaces

Après la republication des caricatures le 2 septembre, «Charlie Hebdo est à nouveau menacé par des organisations terroristes. Des menaces qui constituent une véritable provocation en plein procès des attentats de janvier 2015. Des menaces qui vont bien au-delà de Charlie puisqu’elles visent aussi tous les médias et même le Président de la République», déplore Riss, le directeur de Charlie Hebdo, dans une déclaration à l’AFP.

«Il nous a semblé nécessaire de proposer aux médias de réfléchir à la réponse collective qui méritait d’être donnée à cette situation», explique-t-il.

Cette mobilisation s’est traduite par une lettre ouverte, qui fait la une de l’hebdo satirique ce mercredi et paraît dans les pages et sur les sites internet des médias signataires, parmi lesquels la presse nationale et régionale, les principales chaînes de télévision, des hebdomadaires et des radios.

«Grâce à une mobilisation historique des médias français, en publiant tous ensemble cette lettre à nos concitoyens aujourd’hui, nous souhaitons envoyer un message puissant pour défendre notre conception de la liberté d’expression mais, bien au-delà, de la liberté de tous les citoyens français», indique Riss, invitant «tous les médias qui le souhaiteraient à publier cette lettre».

«Liberté de blasphémer»

«Aujourd›hui, en 2020, certains d’entre vous sont menacés de mort sur les réseaux sociaux quand ils exposent des opinions singulières. Des médias sont ouvertement désignés comme cibles par des organisations terroristes internationales. Des États exercent des pressions sur des journalistes français ‹coupables’ d'avoir publié des articles critiques», peut-on lire dans ce texte intitulé «Ensemble, défendons la Liberté».

Le texte déplore que «c’est tout l’édifice juridique élaboré pendant plus de deux siècles pour protéger votre liberté d’expression qui est attaqué, comme jamais depuis 75 ans» et défend «la liberté de blasphémer».

Les douze dessins reproduits par Charlie avaient été publiés initialement par le quotidien danois Jyllands-Posten le 30 septembre 2005, puis repris par l’hebdo satirique en 2006. Ils montrent notamment le prophète portant une bombe au lieu d’un turban, ou en personnage armé d’un couteau flanqué de deux femmes voilées de noir.

Alors que se tient jusqu’au 10 novembre le procès de l’attentat qui avait fait 12 morts le 7 janvier 2015, la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, a assuré en début de semaine qu’elle avait dû être exfiltrée de son domicile en raison de menaces jugées sérieuses.

(ats/nxp)

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91 commentaires
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Jack

24.09.2020 à 11:24

Durant le procès, il aurait été préférable de se la jouer profil bas.

je suis ton père

24.09.2020 à 09:40

stop à la bêtise humaine et au non respect d'autrui

Charles Le Gnostik

24.09.2020 à 09:35

A l'heure où la rigueur et l'intransigeance religieuses accouchent d'actes terroristes inacceptables, attisant l'intolérance et la haine au nom de Dieu, celà fait du bien de constater qu'il existe encore un pays où il reste possible de blasphémer et d'être protégé par la loi et soutenu par les médias. Vive Charlie.