Santésuisse: Les médicaments sont trop chers

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SantésuisseLes médicaments sont trop chers

Les médicaments vendus en Suisse continuent d'être vendus trop chers en comparaison européenne.

Pour santésuisse, l'association faîtière des caisses maladie, le potentiel d'économie est de 410 millions de francs. Santésuisse s'est livrée pour la deuxième année consécutive au jeu de la comparaison avec six pays européens, explique l'organisation dans un communiqué publié vendredi. «Près de 6700 médicaments soumis à ordonnance ont été pris en compte», a précisé la porte-parole de Santésuisse, Anne Durrer.

Les marges sur les médicaments soumis à ordonnance ont été comparées avec celles pratiquées au Danemark, aux Pays-Bas, en Allemagne, Grande-Bretagne, France et Autriche. Pour santésuisse, les marges en Suisse devraient être ramenées à la valeur moyenne des pays de comparaison.

Les 410 millions de francs de marges supplémentaires décelés par santésuisse correspondent à 2% des primes maladie. «Le chiffre publié l'an dernier atteignait 300 millions de francs. Mais la différence n'est pas significative, car nous avons changé de méthodologie. De fait, les résultats sont stables», a expliqué la porte-parole.

Soulager les assurés

La marge de distribution des médicaments vendus en Suisse est donc de l'ordre de 25% supérieure à celles des six pays européens de référence, comme l'an dernier. De son côté, le site comparis.ch révèle dans une étude publiée vendredi que les Suisses seraient disposés à tolérer une différence de 14% - et de 10% pour les génériques - avec les prix pratiqués dans les pays voisins.

Santésuisse demande des mesures de correction pour soulager les assurés. Elle aimerait par exemple pouvoir négocier les marges avec l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), pharmaSuisse et la Fédération suisse des médecins (FMH), mais «des changements législatifs sont nécessaires», a précisé la porte-parole.

Santésuisse propose des pistes

Santésuisse propose deux autres pistes. D'abord de s'attaquer aux médecins dispensants, une catégorie qui n'existe qu'en Suisse alémanique. Ces médecins vendent eux-mêmes les médicaments à l'issue de la consultation, remplaçant ainsi le pharmacien.

Santésuisse préconise que ces médecins dispensants ne soient rémunérés qu'une seule fois. Actuellement ils sont payés comme médecin sur la base du tarif TARMED qui rétribue la consultation, rémunération à laquelle s'ajoute la marge sur les médicaments qu'ils vendent.

L'association faîtière n'oublie pas les pharmaciens. Pour compenser la perte de chiffres d'affaire qui les toucherait, de nouvelles activités pourraient leur être confiées, comme le suivi des malades chroniques dans le cadre de l'assurance-maladie de base par exemple.

PharmaSuisse a rapidement réagi. Et s'oppose aux deux propositions de santésuisse. Affaiblir les pharmaciens menace la sécurité sanitaire des Suisses. Les pharmaciens estiment déjà avoir fait les frais des récentes coupes dans le secteur de la santé

Les médicaments prescrits ont représenté 4,7 milliards de francs à la charge de l'assurance-maladie de base en 2011. Sur ces 4,7 milliards, 1,23 a été versé aux distributeurs - grossistes, pharmaciens, médecins dispensants et hôpitaux - à titre de marge, 3,4 milliards sont revenus aux fabricants et 110 millions à la Confédération sous forme de TVA.

Comparaison des marges

L'étude de santésuisse prend comme pays de référence les mêmes pays que l'OFSP retient pour la formation du prix des médicaments à la charge de l'assurance-maladie. Pour tous ces pays, la marge calculée correspond à la différence entre le prix au sortir d'usine et le prix à la vente sans TVA, avec un facteur de correction tenant compte du niveau des salaires, loyers et taux d'intérêt dans chacun des pays.

Santésuisse est l'association faîtière des assureurs-maladie suisses. Elle représente plus de 60 assureurs avec près de 6,5 millions d'assurés.

(ats)

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