Scandale à la Fifa: Les membres Fifa moins heureux que Polanski
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Scandale à la FifaLes membres Fifa moins heureux que Polanski

Le traité entre la Suisse et les Etats-Unis est celui appliqué après l'arrestation du cinéaste en 2009 qui n'avait finalement pas été extradé en raison d'un vice de forme.

«Les demandes d'extradition s'inscrivent dans le cadre d'un traité de 1990 régissant l'entraide judiciaire entre Suisse et Etats-Unis», a expliqué à l'AFP un juriste suisse. «On avait beaucoup parlé de ce traité lors de l'arrestation de Roman Polanski en 2009 à Zurich», a-t-il rappelé.

L'extradition de Polanski avait été refusée par les autorités suisses en raison d'un vice de forme. Selon ce juriste, «l'extradition est possible pour certains crimes et délits, apparemment pour corruption et blanchiment».

«Mais ce qui étonne, c'est que le moindre lien de rattachement avec les Etats-Unis (détention d'un compte bancaire même inactif ou usage d'un Internet provider) suffit à donner compétence à la justice américaine pour faire arrêter des citoyens non-Américains en Suisse», a-t-il encore souligné.

Délai de 40 jours

Six des sept responsables du football mondial interpellés mercredi à Zurich dans une procédure engagée à New York ont indiqué qu'ils s'opposaient à leur extradition. Le ministère de la justice va demander aux Etats-Unis de faire «parvenir des demandes formelles d'extradition à la Suisse dans un délai de 40 jours», selon le traité de 1990 en vigueur entre les deux pays.

Après son arrestation, M. Polanski avait été assigné à résidence dans son chalet de Gstaad contre une caution de 4,5 millions de francs, avec port de bracelet électronique. Le cinéaste avait pu quitter en 2010 sa résidence, après le refus de Berne de l'extrader vers les Etats-Unis, où il était poursuivi pour relations sexuelles avec une mineure âgée de 13 ans en 1977.

Pour un autre juriste, l'avocat parisien Christian Dargham, spécialiste de la conformité et de l'éthique des affaires, ces interpellations «reflètent une tendance aux Etats-Unis à poursuivre de façon très sévère les affaires de corruption». Washington a ainsi donné «un effet extra-territorial à ces lois anti-corruption».

Critiques russes

La Russie a du reste dénoncé mercredi l'application «illégale» de la loi américaine après l'interpellation des membres de la FIFA. Elle a appelé Washington à mettre fin à ses «tentatives d'exercer la justice hors de ses frontières».

«Il est possible que même si elles ne sont pas extradées, les personnes interpellées soient d'une part poursuivies par la justice suisse et dans le même puissent négocier, transiger, avec la justice américaine», a ajouté Me Dargham. (ats/afp)

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