Secret bancaire: Les menaces d'une inscription de la Suisse sur liste noire
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Secret bancaireLes menaces d'une inscription de la Suisse sur liste noire

Les conséquences pour l'économie d'une éventuelle mention de la Suisse sur une liste noire seraient graves, avertit le Conseil fédéral.

Mais ce serait avant tout son image de marque qui serait écornée, une inscription ne donnant pas aux organisations internationales des moyens de sanction directs.

Pour l'heure, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dispose d'une telle liste. Mais comme l'ajout de la Suisse sur ce document, qui ne mentionne que le Liechtenstein, Andorre et Monaco, ne peut se faire sans l'aval des autorités helvétiques, le G20 et des pays européens comme l'Allemagne ou la France pourraient établir leurs propres listes.

«Si la Suisse venait à être inscrite sur une de ces listes, ce serait avant tout une perte de réputation», relève Martin Kolmar de l'Université de St-Gall. «Les produits suisses dépendent fortement de l'image de fiabilité, de minutie et d'ordre qui leur est associée».

Selon lui, certains Etats pourraient se sentir également légitimés à décréter des sanctions contre la Suisse dans le but de l'obliger à coopérer davantage. Et dans ce cas, la Suisse est plus dépendante de l'Union européenne ou des Etats-Unis que l'inverse, souligne M.#Kolmar, interrogé par l'ATS.

Il faut éviter l'inscription de la Suisse sur de telles listes, «car ce serait mauvais pour notre place financière et notre place économique», a répété vendredi le conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz devant la presse. Les éventuelles sanctions qui en découleraient pourraient notamment toucher les entreprises, renforçant leurs difficultés à conclure des contrats, a-t-il expliqué.

Le courage de ne pas être aimé

Un avis que ne partage pas l'avocat genevois Carlo Lombardini. «Pour l'heure je n'ai trouvé personne qui a pu me dire quelles seront les conséquences immédiates et concrètes, si ce n'est que cela ne correspond pas à l'image que certains politiciens veulent donner de la Suisse.»

Selon lui, certains Etats reverront peut-être leur position. «Mais ce n'est pas certain. Monaco est inscrite sur cette liste et n'a pas eu de problèmes que je sache». Et de conclure: «il faut avoir le courage de ne pas être aimé».

Besoin d'argent pressant

La crise économique mondiale a mis à mal les finances de tous les Etats. Celles des Etats-Unis ont particulièrement souffert et la pression de Washington va donc augmenter, note le chef de la division fiscale de la société KPMG Suisse Jörg Walker. Le projet américain d'éditer une liste noire des Etats peu coopératifs va dans ce sens et la place économique suisse pourrait en souffrir, estime-t- il.

Pour Raphaël de Riedmatten, de la Déclaration de Berne, une organisation qui se bat depuis de nombreuses années contre les paradis fiscaux, il est tout à fait légitime que les Etats cherchent à récupérer l'argent de leurs contribuables pour financer leurs prestations. Et dans ce sens, une inscription sur une liste noire exercerait une pression salutaire.

(ats)

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