Les menus bio des cantines polluent l'atmosphère

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Les menus bio des cantines polluent l'atmosphère

L'expérience «tout bio» menée dans certaines cantines scolaires depuis mai 2004 a des effets pervers.

Les Cuisines scolaires du quartier de Saint-Gervais servent, depuis mai 2004, des repas composés uniquement d'aliments issus de la production biologique. «L'alimentation saine, c'est possible!» clamait la motion municipale à l'origine de cette initative. Mais ça pollue! peut-on ajouter.

Le premier bilan de l'expérience de Saint-Gervais, tiré par le Département des écoles, comporte en effet un point noir. Les exploitations biologiques étant trop peu nombreuses à Genève pour assurer l'approvisionnement de légumes bio en quantités suffisantes (douze exploitations, soit moins de 4% des fermes, a calculé Céline Liver, diététicienne au Service des écoles), il a fallu se tourner vers «le seul grossiste de Suisse spécialisé (...) et capable de fournir les denrées dans les quantités voulues». Cette entreprise est basée dans le canton de Neuchâtel. Ce que la santé des élèves gagne avec des aliments cultivés sans recours aux produits chimiques, elle le perd donc en faisant circuler des camions d'un lac à l'autre.

Le bio entraîne, de plus, un surcoût de 40% (1 fr. 50 par repas), assumé par la Ville. La décision a donc été prise d'«élargir les critères de sélection des denrées». En clair, des fruits et légumes cultivés localement mais pas selon les strictes règles bio viendront garnir les assiettes des élèves de Saint-Gervais et des Ouches, qui rejoignent l'expérience-pilote.

David Haeberli

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