Genève: Les mesures anti-Covid ont fait baisser la criminalité
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GenèveLes mesures anti-Covid ont fait baisser la criminalité

Les infractions pénales ont reculé de 10% l’an passé par rapport à 2019. Les cas de violence grave ont par contre augmenté. 

par
Léonard Boissonnas
Les bagarres, notamment chez les jeunes, inquiètent. 

Les bagarres, notamment chez les jeunes, inquiètent. 

iStock/Getty Images

La criminalité au bout du lac est en baisse. L’ensemble des infractions pénales a diminué de 10% en 2020 par rapport à l’année précédente, selon les statistiques présentées lundi par la police cantonale genevoise. Un chiffre qui confirme le recul entamé depuis plusieurs années, avec une réduction de 31% par rapport à 2010. Les atteintes au patrimoine ont notamment enregistré une baisse de 12% sur un an. Comme l’a indiqué la commandante de la police Monica Bonfanti, «les mesures liées au Covid ont eu un impact

Moins de vols, accidents et délits

Lors du semi-confinement au printemps dernier, une forte diminution a en effet été constatée concernant les cambriolages, les vols dans l’espace public, les accidents de la circulation ou encore les délits contre les personnes. Pour les cambriolages, «il y a eu une différence importante», a souligné le lieutenant-colonel François Waridel, chef des opérations. Tout le monde était à la maison, ce qui a entraîné un report dans les caves, les buanderies, les locaux communs d’immeubles, les locaux de jardin ou les chantiers, a expliqué l’officier. Pour ce qui est des vols à la tire, les rues étaient vides et les gens étaient plus attentifs en raison de la distance interpersonnelle, ce qui a entraîné «une sacrée baisse» durant cette période. Pour ce type de vol, un pic a été constaté en septembre et octobre: «C’était en lien avec l’ouverture des commerces, il y avait plus de monde dans les rues et l’argent circulait plus», a ajouté le haut gradé.

Impact des frontières fermées

Selon Mauro Poggia, conseiller d’Etat en charge du Département de la sécurité, la fermeture des frontières a joué un rôle: «Genève est malheureusement un lieu attractif pour la délinquance venue d’Europe, a-t-il déclaré. Les délinquants de l’autre côté de la frontière ont moins pris le risque de la traverser. Pour les délinquants d’ici, la police, plus présente dans les rues, a joué un rôle dissuasif.»

Interventions liées au bruit en hausse

Si la plupart des indicateurs étaient en recul durant cette période de semi-confinement, les interventions en lien avec le bruit ont fortement augmenté, tendance qui s’est poursuivie toute l’année. La police est ainsi intervenue près de 9900 fois l’an passé contre un peu plus de 6000 fois en 2019. Les forces de l’ordre ont aussi été très sollicitées par les contrôles des mesures sanitaires: elles en ont mené 6638. «Cela a engendré une forte augmentation des appels et un nombre important de dénonciations, a rapporté François Waridel. Entre juin et septembre, nous avons reçu 10’000 appels de plus qu’en temps normal.» Les gens signalaient une personne en bas de leur immeuble qui ne respectait pas les mesures anti-Covid, par exemple. «Par soir, on est passé de 350 appels à 500», a détaillé l’officier.

Barres de fer, battes, couteaux

Un chiffre préoccupe toutefois les autorités. Alors que les infractions contre la vie et l’intégrité corporelle sont stables, en revanche les cas graves, c’est-à-dire avec utilisation d’une arme ou engendrant des blessures durables, sont en augmentation, avec 177 cas en 2020 contre 140 l’année précédente. Bagarres, rixes étaient en hausse, tout comme le nombre d’armes blanches saisies: il est passé de 912 en 2019 à 991 en 2020. Barres de fer, battes de baseball ou couteaux font partie des objets saisis, notamment durant l’été et parmi des bandes de jeunes. Face à cette poussée, la police s’est réorganisée: «On a mis en place une brigade spécialisée, a indiqué François Waridel. On a réussi à freiner cette violence.» Ainsi, le Groupe vols et agressions de rue, créé en juillet, a interpellé 150 personnes pour 109 mises à disposition du Ministère public. «Ce qui nous inquiète beaucoup, ce sont les jeunes, a relaté l’officier. Avec la police de proximité, on essaie de travailler en réseau, en particulier avec les travailleurs sociaux hors murs. On espère que cela va porter ses fruits.»

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