20.11.2020 à 13:35

SuisseLes mesures d’aide aux médias pas avant 2023?

À l’occasion d’une conférence organisée par le Club suisse de la presse à Genève, le directeur de l’OFCOM a regretté le retard pris par le Parlement dans les discussions.

Bernard Maissen photographié en octobre 2020 à Bienne.

Bernard Maissen photographié en octobre 2020 à Bienne.

KEYSTONE

Le directeur de l’Office fédéral de la communication (OFCOM) a regretté vendredi le retard pris au Parlement dans les discussions sur le paquet de mesures en faveur des médias. Les aides pourraient être introduites à la mi-2022 mais, «si ça traîne encore», en 2023 seulement.

Bernard Maissen est intervenu à l’occasion des Assises Presse et Démocratie, une conférence en ligne organisée par le Club suisse de la presse à Genève. Les échanges ont notamment été consacrés à la question de l’aide à la presse, au niveau de la Confédération comme des cantons.

Interrogé sur le lobbying dans ce dossier, Bernard Maissen a remarqué que «les intérêts particuliers prévalent parfois sur ceux de l’ensemble du secteur médiatique».

Pour les éditeurs, l’enjeu réside notamment dans le subventionnement de la distribution matinale des journaux. Actuellement, 90% des journaux du groupe CH Media sont déposés dans les boîtes aux lettres tôt le matin, a relevé l’éditeur Peter Wanner. Une telle aide ne peut cependant être mise en place sans une base légale, qui fait actuellement défaut, a souligné Bernard Maissen.

L’un des points d’achoppement réside dans le soutien aux médias en ligne, qui suscite la controverse. Ce volet a contribué à retarder les travaux aux Chambres.

Gouvernance du «Temps» en question

Les Assises Presse et Démocratie se sont également penchées sur le rachat du «Temps» par la fondation genevoise Aventinus. Largement saluée, l’opération suscite aussi des questions sur la gouvernance et la transparence de la nouvelle entreprise.

Le président d’Aventinus François Longchamp a notamment été interrogé sur les cinq banquiers genevois qui ont fourni 5% du capital de la nouvelle société, et dont les noms n’ont pas été dévoilés.

L’ancien conseiller d’État a relevé que ces «cinq personnalités genevoises issues de la banque et de la finance», qui n’exercent plus de fonctions exécutives au sein de leur établissement, ont souhaité cette discrétion en raison de leur «éthique protestante» et aussi pour ne pas être «harponnés pour d’autres projets». Leurs dons sont sans contrepartie, a-t-il assuré.

La stratégie du nouveau «Temps» d’être davantage présent dans les régions en Suisse romande a également été abordée. Le président d’Aventinus a confirmé cette volonté d’une «couverture transcantonale de qualité», mais a assuré qu’il ne s’agissait pas de venir concurrencer sur leurs terres des journaux comme «Le Nouvelliste», «La Liberté» ou encore «Arcinfo».

Watson et blick.ch

La conférence en ligne a également donné lieu à une discussion avec les responsables des nouveaux venus dans le paysage médiatique romand, à savoir les versions francophones des sites «Watson» et «blick.ch». Ces nouveaux acteurs entreront notamment en concurrence avec les sites du groupe Tamedia «20 minutes» et «lematin.ch».

La rédactrice en chef de Watson Sandra Jean a révélé que la date de lancement était désormais fixée au 1er mars 2021. «Blick.ch» arrivera pour sa part en principe le 1er juin prochain, soit avant les grands événements sportifs de l’été, a précisé le rédacteur en chef Michel Jeanneret.

(ATS/NXP)

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