Analyse du FMI: Les mesures de politique économique helvétiques saluées

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Analyse du FMILes mesures de politique économique helvétiques saluées

Le FMI salue les mesures de politique économique prises jusqu'ici par la Suisse dans les domaines monétaires et conjoncturels.

L'institut prévoit un «déclin significatif» de l'économie helvétique cette année et un rétablissement de la croissance en 2010.

La récession devrait «avoir un taux qui débute par un deux», a indiqué, sans plus de précisions, lundi devant la presse à Berne Paul Hilbers, chef de la délégation du Fonds monétaire international (FMI) en charge de l'examen annuel de la Suisse.

La prévision du FMI est plus pessimiste que celle du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) qui tablait mi-décembre sur un recul de la croissance de 0,8%. Dans la presse dominicale, son directeur, Jean-Daniel Gerber, a affirmé toutefois que le produit intérieur brut (PIB) baissera davantage que prévu.

Le pays n'échappera pas à la crise globale vu son exposition internationale, a prévenu Paul Hilbers. Avant d'ajouter que l'économie helvétique dispose de bons fondamentaux pour «absorber le choc». A l'aube de la débâcle financière et économique, la croissance était encore forte, les taux de chômage et d'inflation peu élevés et les finances de l'Etat solides.

Consommation touchée

La chute des exportations ainsi que la réduction des investissements pèseront sur l'économie suisse. D'autre part, si le chômage augmente, la consommation indigène, «relativement résistante» jusqu'à présent, sera affectée, a averti le responsable de la mission d'inspection.

Pour soutenir la demande, la délégation du FMI encourage les autorités à envisager cet été une troisième phase de mesures conjoncturelles. Elle a au préalable loué l'»approche proactive» du gouvernement, faisant allusion à l'adoption récente de deux paquets de soutien qui permettront à la Suisse de rester sur «les bons rails».

En outre, le FMI a plaidé en faveur d'une autorité de surveillance des marchés financiers indépendante et efficace. Et de souligner qu'il s'agit de conditions indispensables pour garantir la stabilité du système financier qui touche d'autres secteurs.

Pas de contraction du crédit

L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) doit renforcer sa collaboration avec la Banque nationale suisse (BNS) et les autorités de surveillance étrangères. Elle est également appelée à vouer une attention particulière non seulement à la surveillance des grandes et des petites banques, mais aussi à celle des grandes assurances.

Le FMI a souligné l'efficacité de la politique monétaire menée ces derniers mois par la BNS. La forte réduction des taux d'intérêt et l'injection massive de liquidités ont contribué à la stabilisation des marchés. Aussi, aucun signe de resserrement des conditions de crédit n'a-t-il été observé en Suisse.

Marge de manoeuvre

Le taux directeur s'approche actuellement de 0%, la possibilité de mesures d'assouplissement supplémentaires s'amenuise. Néanmoins, Ulrich Kohli, chef économiste de la BNS, entrevoit encore «des options» de manoeuvre.

L'activité de surveillance du FMI comprend l'examen annuel de la situation économique et financière de ses pays membres. Du 25 février au 9 mars 2009, une délégation de l'institution a rencontré des représentants de l'administration fédérale, de la BNS, de l'économie et de la société civile.

Peter Siegenthaler, directeur de l'Administration fédérale, et Ulrich Kohli ont largement partagé les conclusions du FMI. Celles- ci seront détaillées plus amplement dans un rapport publié en mai. (ats)

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